I. Fisquet, op. cit., 5i9-33o
3. Gaulherot, La république rauracienne. Paris, 1908. On y trouve \e délai! de toutes les menées de (lobel et de ses partisans contre le prince évc^que de Roggenbach.
ao8 GOHEL, KVÊQt'E DE PARIS
Il sliabilua {\ résider h Paris, où il menait grand Iraiii. en essayant de pénétrer dans la société fermée, où les antres évéques français étaient admis par droit de naissance. Pour se faire accepter dans le monde aristocratique, il déployait un luxe de parvenu, afïîchait les vices à la mode, se mil à jouer, car c'était bien porté, et il eut l'honneur de perdre son argent on noble compagnie. A la veille de la Révolution, il était criblé de dettes et, pour le beau monde, il n'était toujours qu'un pauvre diable dévéque in pnrtlbu4i.
Dans cette position humiliée, il avait pour collègue son co!i frère Miroudot du Bourg, évèque de Babylone. qui avait préféré au séjour de la Mésopotamie celui (hi cloître Notre-Dame. M. de Juigné l'employait comme auxiliaire pour les cérémonies qui avaient à être présidées par un évécpie, et lui faisait pour cela une petite pension, qu'il cumulait avec celle qu'il recevait de la Congrégatioti de la Pro])agande^
Les deux prélats, mécontents de leur position subalterne, ne pouvaient que garder rancune à la société des avanies qu'on ne leur épargnait pas, et qu'ils dévoraient en silence. Vienne le jour où le vieil édifice tremblera sur ses bases, ils ne pourront qu'attendre avec satisfaction la définitive catastrophe. 11 y a cependantune distincti(m a faire entre les deux personnages. Miroudot était dépourvu de tout mérite personnel et
I . Histoire du clergé de Paris pendant la JRévolution, 1, 299-300. — Histoire- de la mission de Bagdad, parVîprr \llinayer, dans Touvrajjo ï^s missions catholiques françaises. Paris, (^olin, 1901, 1, aa'i-îiG. — Fr. Masson, Le Cardinal de Bernis, p. M. — Pisani, liépertoire, p. 19.
GOBEL, ÉVÉQLE DE PAUIS aOfJ
iiiiMiip i\c tonte valeur morale. Les conslitulionnels, (jui ne se montrèrent pas U)nj(nn*s très exigeants, ne vonlurenl jamais de lui pour être un de leurs é\èques. (iobel au contraire avait de sérieuses qualités, et, même aux heures d'égarement, il restera assez conscient de ses devoirs pour être accessible au remords. Nommé député aux Ktats-Généraux par le clergé de la Haute-Alsace, il dut promettre de ne participer en rien aux lois qui entreprendraient sur le pouvoir spiri^ tuel K Gêné par cet engagement, il eut une altitude réservée, et, dans la discussion sur la Constitution civile du clergé, nous Tavons vu prendre la parole pour défendre les droits du Saint-Siège*; cependant, il vota toujours avec le groupe le plus avancé du clergé, celui dont les archevêques de Bordeaux et de Vienne avaient été les chefs, et il leur succéda après la mort d(* l'un et le repentir de l'autre. Quand la Constitution civile eut été sanctioimée par le roi, et que les députés ecclésiastiques furent mis en demeure d'y adliérer par un serment public, il oublia ses réœntes protestations d'orthodoxie et, après (pielques jours d'hésitation, se mil à la suite des députés-prêtres qui acceptèrent de faire ce serment î*. Par là, il posait sa candidature à un
1 . Voron-Hovillr, Ifistoirc de la Ht'nohition françaisi' dam le déprtrlrment du llaui-Rh'm. Culraar, i80j, 03-55.