‹ L'église de Paris et la Révolution (volume 2)Chapitre 59 sur 364 · Pisaiù, Hi^pertoire. iGoiOij · texte numérisé non relu

Pisaiù, Hi^pertoire. iGoiOij

r.onEL, KvftQtJE DE i»\ms

Gohel, évéque de Paris.

Une atitre élection était h faire, celle de l'évéque destiné à remplacer M. de Jnigné. On y procéda le i3 mars. Aux 781 électeurs de la ville, s'étaient réunis les 182 électeurs de la banlieue ; sur ces 913 votants, on ne comptait que ti prêtres. 6()4 électeurs usèrent seuls de leur droit et des le premier tour fioo suiTra^es désig-iièrenl J.-B. (iobel, é\éque de Lydda e! uienil)re delà (Constituante ^.

I, (^liaravay, op. r/7., I, '}'i7). — (Jobcl avait (mi doux ooiicurrpnlî» : Louis Charrier de la R(3Che, cure d'Ainay à Lyon, et rabhé îSI«^yes, l'un et l'autre mcmlires de la Constituante. Charrier de la llfK-'ho n'eut que 56 voix, et, après avoir manqué Lyon, se dédommagea avec le siège métn>poUtain de Normandie. Sieyès ne remcillit que qO suffrages; il s'était désistt'* pnrunr lrltrepul)lique, main parue quand il s'était vu hors d'état de lutter. « Il est vrai », dit le journaliste GiranI de Perrolière, « ((ue l'abbé Sieyès a été K du nombre de ceux qui ont été discutés dans le club électoral, a ot il l'a été de la manière la plus avantapreuse par plusieurs adt< minislrateurB du département; on a fait valoir ses mœurs aus- « icffis, se» connaissances profondes, son ardent patriotisme, son « amour pour la Révolution dont on Ta dit « le Père ». Des élcc- «< tours intéressés seulement au bien jyénéral, ont réptmdu avec « franchise que le corps électoral avait acquitté sa dette en le « nommant au département...: ({u'il est membre du Directoire...; w ses grandes connoissances administratives seront en celle place « d'une utilité précieuse à la chose publique; ...d'où on n conclu « qu'il falloit le laisser membre (hi Directoire. Passant ensuite à « l'examen des qualités nécessaires à un bon é>èque, on a dit Il qu'il était essentiel d'avoir de l'expérience dans le gouvernement i< d'un diocèse ; que, dans le nouvel ordre des choses, il falloit « confesser, prêcher, visiter les malheureux... on a ajouté qu'en « considérant la vie philosophique et concentrée de l'abbé Sieyès, <i il paroissoit peu propre à faire un bon pasteur ; que, n'ayant « jamais eu d'antre fonction à remplir que celle de chanoine et

2oC «OBEL, ÉVÊgi'E DE PARIS

Nous savons combien on avait protesté contre la manière dont les évêques étaient choisis au xvur siècle. Gobel tranchait au milieu de tous ces grands seigneurs : il était d'authentique roture. Il est vrai qu'il n'appartenait pas à l'épiscopat français. Il était le coadjuteur d'un prélat étranger, Tévéquo de Bàle, qui l'avait spécialement chargé d'administrer les parties de l'Alsace et de la Franche-Comté qui se trouvaient dans son diocèse. Sa résidence officielle était Porren- Iruy.

u lie };rund xicain» du diwV'sc do Chartn^s, «ii il ne résidoit pas. »< il ne pou voit a\oir le« connoîssauces do détail nécessaires k un u prélat du nou%eau régrime qui doit être évoque et curf» touteii- « «emble ; que d'aineurs la façon de penser de Tabbé Sieyès sur la « conslUution civile n'étoit pas connue avantageusement, lui qui (( avoit écrit contre la suppression des dîmes, qui n'avoit pas prêté « le serment d'édification et de bon exemple, ainsi que Tavoient « fait plusieurs ecclésiastiques de l'Assemblée \atinnale non fonc- (( tionnaires publics. D'après tous ces motifs, le club électoral s'est a déterminé, après inie discussion de trois jours, à ne pas élire « l'abbé Sioyès, et ce vœu formulé à la presque unanimité a été M formulé dès le vendredi... et c'est donc bien tardif delà part de « l'abbé Sieyès d'attendre au dimanche, une heure avant Télecw lion, pour envoyer la lettre par laquelle il manifeste ses pn'*- (c tendues dispositions à refuser dans le cas où on le nommeroit. « On seroit fondé h assimiler ce lan^^ra^e à celui du renard do ■ « La Fontaine. » {Révolutions de Paris, n" 88.)

Elu membre delà Convention, Sieyès vola la mort de Louis XVI, abdiqua son sacerdoce le lo novembre 1793, fut membre du Comité de Salut Public, du Conseil des Cinq-Cents; élu membre du Directoire en 1795, il n'accepta pas, mais il fut Tun des troi** consul» provisoire» aprî's le 18 brumaire. Donaparte. qui voyait en lui le premier des idéologues, l'exila au Sénat, dont il devint pn^sident. Comte de l'Empire, grand -ofllcier de la Légion d'honneur, membre de l'Académie des Sciences morales et politiques et dt» l'Académie française, il dut sortir de France en 1816, comme régicide ; revenu en i83o, il mourut à Paris en i834.

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\é en 1727, à Thann, il avait fait ses éludes à Rome, au collège Germanique : il y avait reçu une solide formation théologique en fréquentant les cours de l'Université Grégorienne, où enseignaient les Jésuites^. En rentrant dans son pays, il fut nommé chanoine do la collégiale de Drlémont, et hiontôt il entra au chapilro de Bâle, qui, depuis la Réforme, siégeait à Arlesheim. M. de Wangen, son évéque, le prit en affection, le chargea de l'OfRcialilé diocésaine, le nomma vicaire général, et enfin, en 177'i, le sacra pour lui confier la jiartie française de son troupeau.

Instruit, actif, très régulier dans ses mœurs et irréprochable dans sa doctrine, le nouvel évéque de Lydda paraissait juslifîer la confiance qui le portait aux honneurs ; mais son élévation à la dignité épiscopale lui tourna la tête. Le faste auquel l'usage l'obligeait Tentraîna dans des dépenses qui dépassaient ses ressources et ses besoins d'argent furent la source principale de ses malheurs. M. de Wangen. mort en 1782, avait élé remplacé par M. de Roggenbach : or Gobel avait élé l'âme du parti qui avait cherché à empêcher celte éleclion. Brouillé avec M. de Roggenbach, Gobel essaya de faire créer un évéché indépendant dans la Haute-Alsace, dont il eut élé le titulaire, et engagea avec Versailles d'obscures intrigues qui n'aboutirent pas; il y gagna seulement la faveur du gouvernement français et une pension de 8.000 livres 2.

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