SERMENT DE LIBERTÉ-ÉGALITÉ
fidélité que l'Assemblée avait été la première à mcconnaîlre. Voici donc en quels termes le nouveau serment était conçu : « Je jure de maintenir de tout mon pou- « voir la Liberté et l'Egalité, ou de mourir en les "défendant*. » Tous les fonctionnaires ou pensionnaires de l'Etal devaient le prêter, et, par suite, presque tous les prêtres y étaient astreints, puisque tous ceux qui n'avaient pas d'emploi dans le clergé constitutionnel étaient censés recevoir une pension de retraite 2.
Il se produisit de grandes divergences d'opinion dans le clergé insermenté au sujet de cette formule ^ ; les uns, dit l'auteur de la vie de M. Emery, condanuiaient ce serment parce qu'ils croyaient y voir une adhésion formelle à la Constitution ci\ile du clergé. De plus, ces mots de Liberté et d'Egalité avaient déjà été tant de fois profanés qu'il y avait lieu de se demander si ceux qui promettraient de les maintenir n'accepteraient pas implicitement les conséquences antisociales qu'on a^ait commencé à tirer de ces deux principes. Pour d'autres, au contraire, ce nouveau serment était purement civil. La religion n'y était pas impliquée ; liberté signifiait exclusion du despotisme, égalité : abolition <les privilèges.
Les vicaires généraux à qui M. de Juigné avait laissé le gouvernement de son diocèse, eurent immé-
I. Vied^ M, Emery (par l*abbé Gosselin). I, 3o5. Il y a plusieurs ^f*^sions de la seconde parUe du serment. M. Gosselin dit : « ou <!«' mourir à mon poste. » Les deux formules sont pquivalenlos : ï*«»^t de la phraséologie pure.