SERMETÎT DE LIBERTÉ-ÉGALITÉ
diatemenl à répondre aux consultations qui leur venaient non seuloment du clergé de Paris, mais aussi des diocèses \oisins. M. Kmery, supérieur de Sainl- Sulpice, était particulièrement interrogé. Après avoir mûrement réfléchi, et avoir pris l'avis de ses confrt'res du Séminaire, M. Emcry conclut, d'accord avec la plupart d'entre eux. que le serment pouvait être prêté. Le refuser c'était s'exposer à la déportation immédiate, c'était laisser sans défense et sans conseils les fidèles auprès desquels ils exerçaient un ministère d'autant plus actif que les circonstances devenaient plus critiques ^.
Toutefois, pour mettre sa conscience à l'abri de tout scrupule, M. Emery fit consulter par écrit le député (îensonné, de la Gironde, qui avait été le rapporteur de la loi ; il saurait par lui, pensait-il, comment la loi devait être interprétée et cela suivant l'opinion de ceux qui l'avaient rédigée.
Voici les quatre points du mémoire qu'il lit présenter à (iensonné : a i" J'ai envisagé, et j'envisage le serment comme renfermé dans l'ordre civil et |x>litique.
« 2" J'entends par Liber le en général tout ce qui exclut le despotisme d'un coté et la servitude de l'autre et plus [)articulièrement, j'entends par liberté cet état 011 l'on est gouverné par des lois et non par des volontés arbitraires.
« 30 J'entends par Egaliléj premièrement la répartition des impôts entre les citoyens, en raison de leurs
I. Vie de M. Emery, I, 3o5. — Méric, Hûtloire de M. Emery, I, 210. — Sicard, op. cit.., 325-3aC.
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\ellera chaque ibis que le clergé français aura à faire adhe^sion aux Constitutions que la France se donnera, et qui renaîtra, sous le nom de « petite église » à l'occasion du Concordat. C'est pour cela que je demande la permission de traiter ce sujet une fois pour toutes en y donnant quelque développement.
Disons immédiatement que les prêtres restés en France étaient généralement convaincus de la légitimité, et mémo de la nécessité de ces serments, et que les évoques et i)rélres émigrés furent à peu prés aussi unanimes pour les condamner, avec plus ou moins d'énergie.
Plusieurs prêtres de Saint-Sulpice qui se IrouAaient à Home ou en Suisse, fiuTnt effrayés des conclusions de leur confrère, M. Béchel, car elles contredisaient ce (prils entendaient dire autour d'eux par les émigrés. J/un d'eux amena par une demande de consultation l'intervention du grand orateur de la (Constituante, le fougueuv abbé Maury.
Maury avait quitté la France lors de la séparation de la première assemblée, et s'était rendu à Rome où il avait élé reçu avec tous les égards que méritait son dévouement à la bonne cause. Le Pape l'avait nommé archevêque de .Nicée, et l'avait envoyé, en qualité de \once près de la Diète Germanique à Francfort*. Pendant son séjour en Allemagne, Maury avait été fètc. cho\é, flatté, circonvenu, peut-être, par l'émigration; il avait embrassé la c^use des Princes avec cette ardeur
I. M. PoMJoiilal. Me du cardinal Mnnry, 197-305. I/auteurcle cotlo ljiof2^rapl)ie iiu paraît pas so doiilcr que iu cardinal Maury ait »;lô uiùié aux alTuircs du serment.
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qui ne se déparlira que le jour où, avec le nièiiie enthousiasme, il se jettera dans les bras de Napoléon. Pour le moment, se mettant a l'unisson avec les sentiments qui se manifestaient bruyamment autour de lui, il fonça, comme le plus intransigeant des royalistes, sur les partisans du serment de Liberté-Egalité *.
II avait connu le travail de M. Béchet en décembre 171)^. 11 le déclara « plus impie, plus exécrable, plus <• perfide que celui de la Constitution ci\ile ». « Celui-ci, disait-il, n était qu'hérétique, au lieu que « celui-là consacre la rébellion, délie les serments les « plus sacrés, anéantit toute hiérarchie spirituelle et « sociale, autorise les principes et les actions les plus •' coupables; quanta sa perfidie, elle n'est que trop <• bien prou\ée puisque cette formule a séduit tant de « ^'ens de bien et tant de bons esprits-. »
Il dé\eloppe ses invectives avec cette ampleur, celle chaleur que son éloquencx^ savait mettre au service de loules les causes qu'il défendait. Bien plus : emporté par son enthousiasme, il ajoutait : « Tout le monde est d'accord ici pour proscrire ce nouveau serment )), et après celle affirmation un peu exagérée, il annonçait que si, à la vérité, le Saint-Siège n'avait encore donné aucune décision, on n'en jugeait pas moins à Home qu'on avait eu le plus grand tort d'autoriser le serment sans avoir pris conseil auï)rès du Souverain Ponlife.
Directement mis en cause, M. Eniery crut devoir non