‹ L'église de Paris et la Révolution (volume 3)Chapitre 104 sur 146 · Vie de M. Emery, I, 3iu · texte numérisé non relu

Vie de M. Emery, I, 3iu

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vellera chaque fois que le clergé français aura à faire adhésion aux Constitutions que la France se donnera, et qui renaîtra, sous le nom de (( petite église » à l'occasion du Concordat. C'est pour cela que je demande la permission de traiter ce sujel une fois pour ton les en Y donnant quelque développement.

Disons immédiatement que les prélres restés en France étaient géiiéralement convaincus de la légitimité, et même de la nécessité de ces serments, et que les évoques et prêtres émigrés furent à peu prés aussi unanimes pour les condamner, avec plus ou moins d'énergie.

Plusieurs prêtres de Saint-Sulpice qui se trouvaient à Rome ou en Suisse, furent effrayés des conclusions de leur confrère, M. Béchet, car elles contredisaient ce qu'ils entendaient dire autour d'eux par les émigrés. L'un d'eux amena par une demande de consultation l'intervention du grand orateur de la Constituante, le fougueux ahhé Maury.

Alaury avait quitté la France lors de la séparation de la première assemblée, et s'était rendu à Rome où il avait été reçu avec tous les égards que méritait son dévouement à la bonne cause. Le Pape l'avait nommé archevêque de Nicée, et l'avait envoyé, en qualité de Nonce près de la Diète Germanique à Francfort i. Pendant son séjour en Allemagne, Maury avait été fêté, choyé, flatté, circonvenu, peut-être, par l'émigration ; il avait embrassé la cause des Princes avec cette ardeur

1. M. Poujoulat, Vie du cardinal Maury, 197-205. L'auteur de cette biographie ne paraît pas se clouter que le cardinal Maury ait été nièic aux afTuircs du serment.

SERMENT DE LIBEIITÉ-ÉGALÏTÉ 3-5

qui ne se départira que le jour où, avec le même enthousiasme, il se jettera dans les bras de Napoléon. Pour le moment, se mettant à l'unisson avec les sentiments qui se manifestaient bruyamment autour de lui, il fonça, comme le plus intransigeant des royalistes, sur les partisans du serment de Liberté-Egalité ^.

Il avait connu le travail de AI. Béchet en décembre 1792. Il le déclara « plus impie, plus exécrable, plus (( perfide que celui de la Constitution civile ». (( Celui-ci, disait-il, n'était qu'hérétique, au lieu que « celui-là consacre la rébellion, délie les serments les (( plus sacrés, anéantit toute hiérarchie spirituelle et (( sociale, autorise les principes et les actions les plus (( coupables ; quant à sa perfidie, elle n'est que trop « bien prouvée puisque cette formule a séduit tant de (( gens de bien et tant de bons esprits 2. »

Il développe ses invectives avec cette ampleur, cette chaleur que son éloquence savait mettre au service de toutes les causes qu'il défendait. Bien plus : emporté par son enthousiasme, il ajoutait : a Tout le monde est d'accord ici pour proscrire ce nouveau serment », et après cette affirmation un peu exagérée, il annonçait que si, à la vérité, le Saint-Siège n'avait encore donné aucune décision, on n'en jugeait pas moins à Rome qu'on avait eu le plus grand tort d'autoriser le serment sans avoir pris conseil auprès du Souverain Pontife.

Directement mis en i-;ius(!, M. Emery crut devoir non

I. F. Masson, ].c Oirdinnl de Brriiis, Ô9.'i-ï)2ij. ■2. \ ic tk! M. Eincry, 1, 3 10.

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