SEIIMEÎNT DE LIBERTÉ-ÉGALITÉ
pas se justifier, mais justifier une opinion qu'il jugeait utile pour le bien de l'Eglise de France. Il ne pouvait accepter les épitliètes cruelles de Maury ; il acceptait moins encore que, pendant que le Saint-Siège s'abstenait de prononcer, on préjugeât l'opinion du Pape, et on le condamnât sans l'avoir entendu^.
11 commence par exposer que son sentiment est partagé par la grande majorité des ecclésiastiques, les plus savants, les plus vertueux et les plus zélés, qui risquent leur vie pour le bien.de l'Eglise ; il invoque le sentiment de beaucoup de ceux qui ont été massacrés en septembre, et qui professaient la même opinion. Supérieurs de communautés religieuses, professeurs de séminaires, docteurs de Sorbonne pensent comme lui. Plusieurs évêques, en particulier ceux de Saint-Brieuc et de Saint-Papoul, cachés à Paris, ne l'ont pas désapprouvé. Il n'ignorait pas que telle n'était pas la manière de voir de la plupart des évêques émigrés, mais c'était par suite de leur éloignement de la France qu'ils avaient perdu la nette perception des nécessités présentes. 11 lui était difficile d'attaquer en face le touchant loyalisme d'un grand nombre de ses frères dans le sacerdoce, cependant, il pensait que, pour les émigrés, et même pour les prêtres émigrés, la fidélité au trône s'identifiait un peu trop avec les devoirs de la Religion, et que se rallier à une autre forme de gouvernement que la monarchie n'était pas méconnaître un article de foi.
Or, le Pape n'avait pas parlé, et les paroles qu'on lui