I. SicanJ, o/^ cit., Il, '^C
■'.. Hfprrxliiil (l.'iiis Journal orrUhiaaliquc (jnnxior lyo')-
10(S DKM[SSfO\ DE M. DK .1 1 IC.m':
Uns (JobeU. Mais bientôt, il dut s'abstenir deces manifestations officielles, qui n'auraient servi qu'à appeler la persécution contre ceux de ses collaborateurs qu'il avait laissés à Paris pour administrer le diocèse en sou nom. Il cessa même d'exercer sur ses vicaires généraux une action utile '^. Loin de la France, il n'était plus à même de se rendre compte des difficultés cbangeantes et renouvelées de la situation. Il fallait être sur place pour apprécier l'opportunité des mesures à prendre, pour concilier l'attacbement aux principes et les besoins des Ames. p]ntouré d'émigrés aussi mal renseignés que lui, circonvenu par des politiques aveugles qui ne savaient pas séparer les intérêts du tronc des devoirs de la Religion, il subissait des inlluences contradictoires et se laissait ballotter comme une épave dans la tempête.
Démission de M. de Juigné.
En t8oi, Pie VII demanda aux évêques français le sacrifice de leurs sièges. C'était un acte sans précédents dans l'histoire de l'Eglise, et c'était précisément aux tenants des libertés gallicanes qu'il réclamait cette manifestation de soumission. On fut en droit de craindre que l'archevêque de Paris se rangerait du côté de ceux qui répondaient par de hautaines fins de
1. Cette lettre est commentée acrimonieiisement dans les Non velles ecclésiastiques du 21 juin 1791.
2. Sicard, op. cit., III, 325, 3.2(5, oGi. — Boulay de la Menrtlie. Documents sur la nêqocialion du Concordat. I, 100, note t.
DEMISSION DE M. DE JLJG\K I OQ
iioii-ieccvoir au\ prières du Souverain Ponlife. Tous autour de lui lui conseillciienl la résistance; on savait que le roi Louis WIII désapprouvait les démissions, comme tout ce cpii pouvait ressembler à une reconnaissance des faits qui s'élaient accomplis en France depuis dix ans. En cette grave occurrence, le curé de Saint-Sulpice, M. de Pancemont, n'hésita pas à faire le voyage d'Augsbourg* ; il parla à son archevêque le langage du devoir et de l'oubli de soi-même, et, triomphant des hésitations de la dernière heure, rapporta à Paris une démission qui n'était pas exempte de réticences^, ce qui permit aux gazeticrs allemands d'en contester la véritable portée. Enfin le 3i janvier i8o'2 M. de Juigné adressa au Pape la lettre suivante :
(( Très Saixt-Père,
(( Je dépose entre les mains de Voire Sainteté la « démission de l'Archevêché de Paris, et lui renouvelle (( les sentiments que je lui ai exprimés dans la letlie « que j'ai eu l'honneur de lui écrire le i6 novembre de
1. Boiilay (le la Meiirlhc (op. cit., ï\, o'kj), donne la lettre de Ik-rnier à Talleyrand, relative à l'envoi de M. de Pancemont, qui n'est pas nommé, mais qui est désigné sous la qualification d' « hommi! sûr u; M. de Pancemont partit le 7 novembre (lettre (le M. Kmrry à M. de Haussct, 11 nov,).
•. Sur les hésitations de M. de Juigné, \oir lîoulay d(^ la Mcurthe (op. cit., IV, 5^5, n" -i). On signaU; l'arrivée de M. de Pancemont le 17 novembre (Caprara àConyaIvi, 20 novendjre). La déuussion parut au Monilenr b; acj novend>re.
La première lettre de M. de Juigné (iG no\x'nd)rc) est celle (^u'il écrivit avant l'arrivée d(? M. de Pancemont ; elle est citée dans Boulay delà Meurlhe (oy>. cU., 1\, '1^9, note i).
IIO DEMESSIO-X DE M. DE JLIG>»E
(( l'année dernière : un attachement inaltérable, et qui (( durera, par la grâce de Dieu, jusqu'à mon dernier « soupir, à la Chaire de Saint Pierre, le centre de (( l'Unité ; une soumission fdiale au chef de l'Eglise ; (( une profonde vénération pour la personne de Votre (( Sainteté ; et la plus entière confiance dans ses (( lumières, sa sagesse et ses vertus.
(( Comme Votre Sainteté n'a demandé aux évécpies (( de France la démission de leurs sièges qu'en consé- (( quence du Concordat quelle a fait avec le gouver- (( nement français, et pour son exécution, je ne (( crois m'écarter en rien des intentions de Votre (( Sainteté, je pense même entrer dans ses vues en hii {( demandant que si, pour quelque cause que ce soit, u ledit concordat n'avait point d'exécution, ma pré- (( sente démission n'eût point non plus d'effet et « serait regardée comme ruiUe ^ »
Le Premier Consul sut d'autant plus de gré à M. de Juigné de cette démarche qu'on lui avait prédit qu'il ne l'obtiendrait pas. Il lui offrit une magnifique com^Densation, l'archevêché de Lyon, que son oncle Fesch n'avait pas encore accepté ; mais si brillant que fût le titre de Primat des Gaules, il ne tenta pas celui qui avait été archevêque de Paris-. Aussi bien, son unique désir était alors de se préparer à la mort : usé par les années, les fatigues et les chagrins, il ne se sentait plus capable de reprendre, et, dans quelles con-
I. Bon la y de la Mcurthc, op. cit., l\ , 12/I, note ■2. Fisquet, op. cit., 5i^,