Darcste, op. cit., VH, 199-aoo
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L'Assemblée n'avait plus de raison <^e siéger à Versailles, puisque le roi était aux Tuileries. Le ii octobre elle vota sou transfert à Paris. Une salle, la salle du Manège *, allait être disposée pour la recevoir ; eu alleudant, c'est à l'archeveclié qu'elle décida de tenir ses séances à partir du 31 octobre et M. de Juigné fut invité à donner l'hospitalité à la représentation nationale dans cette même salle où s'étaient tenues les assemblées électorales.
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M. de Juigné ne refusa pas, mais il demanda des passeports, le i5 octobre, à la dernière réunion tenue à Versailles, et il partit poui- Vi\-lcs-Bains, où il avait besoin, disait-il, d'aller rélalilir sa santé. Sa retraite coïncida avec une véritable désertion des bancs de la droite ; plus de v3oo députés de la noblesse et du clergé demandèrent des congés et cessèrent de prendre part aux travaux de l'Assemblée.
Quelle était la véritable cause de ce départ inopiné, (pii ouvre pour l'épiscopal la trop longue liste de l'émigration ') ,Je ne pense pas qu'il y ail à la chercher long-
I. (lo mnm'iio, ronstniil sur la Torrasso des F'cMiillants, environ à la hautour do la rue du 39 Juillet, était un bAliin(>nl louft- et élroil, dont Ui seul avantage était la proximité des Tuileries. A cause d(! sa forme, les députés y étaient assis sur plusieurs ran- «rées parallèles et se faisant face. C'était une cunshuetion léj^èri;, où il laisallen hiver un froid (|ue n'arrivaient pas à conjurer les poeU'H iierfeelionnés (ju'on y installa. Deux ans ai)rès la Convention s'établit au\ Tuileries.
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Iciups. C'est qu^ Paris, la vie de l'archevêque n'était pas en sûreté. Nous avons vu qu'à Versailles même, il avait couru quelques périls. Depuis quatre mois, le diapason des passions démagogiques avait considérablement monté ; mettre les gens « à la lanterne » était devenu une locution familière et une pratique assez usitée. Réveillon, Flesselles, Bertier, Foulon avaient été immolés sans qu'aucune tentative sérieuse de répression fût venue entraver ce qu'on appelait a la justice du peuple ^ ». Les amis de M. de'Juigné tremblaient pour ses joiu'S et, parmi ses ennemis, beaucoup pensaient qu'un assassinat d'archevêque était un gros morceau capable d'arrêter pour un temps la marche de la Révolution. Les supplications des uns, les avis secrets des autres lui conseillaient un éloignement temporaire. D'antre part l'injustice des accusations c[ui se multipliaient contre lui, l'avait non pas désaftectionné, mais découragé, puisqu'on donnait à chacun de ses actes une interprétation odieuse. Tout ce qu'il était contraint d'approuver, les promiscuités qu'il lui
T. Il y eut liieii des poursuites commencées à l'occasion de ([uelques-uns des assassinats ; on commença aussi un procès qui devait établir les responsabilités des crimes commis dans les jotirnées d'octobre, mais ces procédures n'eurent d'autre effet que de rendre populaires ceux qui en étaient l'objet. Les Révolutions de Paris ouvrirent une souscription pour Reine Audu, une des héroïnes des journées de Versailles ; en même temps commençait une campagne en faveur de quarante soldats du régiment suisse de Chàteauvieux, condamnés aiix galères pour avoir tiré sur leurs officiers à \ancy, et on faisait un martyr d'un jeune homme qui avait trouvé la mort dans cette échauffourée. Par ces divers moyens, on entretenait et on développait l'esprit de rébellion, et on donnait à ceux qui seraient tentés de s'insurger l'assurance qu'ils seraient non pas punis, mais glorifiés.
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fallait subir, soulevaient de dégoût son anie aristocrati(|ue ; enfin, il n'avait pas la trempe de caractère des VnVe et des Darboy.
A[)rès tout, s'il était apparu à M. de Juigné que sa mort pouvait servir l'Eglise ou le Roi, il aurait su, comme son père, mourir en gcntilliomme, mais à pioi sa mort aurait-elle mené? N'était-ce pas mieux d'épargner à ses concitoyens un crime aussi odieux cfu'inutile? Ne valait-il pas mieux attendre des jours meilleurs, où il reparaîtrait, les mains pleines de h\ou~ laits et le cœur débordant de pardons?
11 gagna rapidement la Savoie, où beaucoup de nobles l'avaient précédé, et où de nombreux évêques n'allaient j)as tarder à le rejoindre. Faut-il dire qu'il regretta bientôt son exil? Dès 1790, le i4 avril, il écrit au président de l'Assemblée pour lui annoncer qu'il va rentrer, et qu'il est disposé à prêter le serment civique exigé des députés 1. Mais d'autres influences pesèrent sans doute sur son irrésolution, et il ne revint pas. Il dut au contraire s'éloigner, en 179^, lors de l'entrée des Français en Savoie ; il se retira à Constance, mais un jour vint où Constance même ne fut plus pour lui un refuge assuré, et, s'enfonçant en Mlemagne, il alla se fixer à Augsbouig,
Il avait daté de Chambéry plusieurs mandements et lettres, et notamment sa protestation contre la loi du serment constitutionnel '2 et contre l'élection de l'in-