L\ POPULATION
formait cinq paroisses i ; Vitry en avait deux -. En dehors de ces deux centres, on trouvait peu de localités dépassant un millier d'habitants ; les autres paroisses du département étaient de modestes hameaux dont les chétives maisons, couvertes ordinairement en chaume, se serraient autour du clocher pendant que d'immenses parcs formaient autour du château d'épais massifs de verdure, percés de longues allées de maronniers ou d'ormes séculaires. Passy, Montmartre, la Villette, Belleville, Charonne, Gentilly, Montrouge étaient de jolis villages perdus au milieu des bois, des vignes et des terres labourées ; les Parisiens s'en allaient le dimanche y goûter les plaisirs champêtres ; d'autres s'arrêtaient dans les guinguettes établies près des barrières, au delà du mur élevé par les Fermiers Généraux, pour y boire à bon compte le petit vin du cru, qui n'avait pas eu à payer l'octroi. Il subsiste aujourd'hui, le long de ce que nous appelons encore les boulevards extérieurs, quelques établissements qui rappellent cette époque déjà lointaine.
Dans la ville même, la populalioji était très inéga-
Saint-Ouen. Vaiigirard.
Sceaux. Villejuif.
Stains. Yillcmomble.
Surcsnes. Villette (La).
ïliiais. V incenncs.
Vanves. Vitry.
Ces renseignements sont tirés de l'ouvrage que prépare M. l'abbé Carré, second vicaire à Saint-Paul, et qui sera intitulé : Dictionnaire des paroisses et des curés du diocèse de Paris.
I. Saint-Martin, Saint-Marcel, Sainte-Croix, Saint-Micliel-des- Cliarniers et les Trois-Patrons,
a. Saint-Germain et Saint-Gervais.
LA POPrLATIO:^ 7
lemcnt répartie : le centre présentait une accumulation de hautes maisons, entre lesquelles des rues étroites semblaient avoir de la peine à se faufiler en faisant mille détours. Le développement de la ville vers l'ouest avait amené la création de quartiers nouveaux, percés de voies plus larges et mieux aérées ; mais les hôtels aristocratiques et les établissements religieux y occupaient de vastes espaces, et l'ouvrier, même le bourgeois parisien, répugnaient à quitter la paroisse qui les avait vus naître et où ils étaient retenus par la longue accoutumance des traditions de famille. x\ussi, peu de maisons s'étaient-elles construites pour loger des gens de condition moyenne ou modeste; la butte des Moulins et la rue Richelieu représentaient alors ce que sonl pour nous les quartiers qui environnent l'Arc-de- Triomphe ou le Trocadéro. Plus loin encore s'étendaient d'interminables solitudes, avec des hôtels épars ou de grands domaines, comme celui de Mousseaux, aujourd'hui parc Monceau.
Les faubourgs Saint-Ilonoré, Montmartre, Saint- Denis, Saint-Martin, Saint-Marceau et Saint-Jacques n'étaient formés que d'une seule artère, la route qui conduisait hors de la ville, et on peut voir encore, avec un peu d'attention, dans ces rues, maintenant bordées d'immenses maisons modernes, quelques bâtiments à nn seul étage couronné de mansardes antiques, dernier vestige de ce que furent les faubourgs de Paris à ia iin du xvnr siècle. On doit, pour se faire une idée plus exacte de ce que pouvaient être alors nos faubourgs, s'en aller à (|uel(iues lieues de Paris, là où les villages se coniiMtseDl d'une unique rangée de maisons qui fait