‹ L'église de Paris et la Révolution (volume 3)Chapitre 62 sur 146 · I. M. Kingard mourut ou licIf'K[ue vers · texte numérisé non relu

I. M. Kingard mourut ou licIf'K[ue vers

■A. M. Vovtard, démissionnaire comme député lo 3 novembre 178c), avait quitté la France quand le serment fut demandé à ses confrèn;s ; il était parti le 5 janvier 17(31 pour la Flandre Autrichienne. « Je neveux pas, écrivait-il, être témoin des combats que <( je prévois devoir arriver entre les membres du clergé... Je veux « éviter le soupçon d'intluencer les consciences ». Arch. Nat., F' 677r>44.

y,. M. Lauyier de Beaurecueil. Notice par C. Domoussy. Paris, igoG.

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tache, jouissait dans le diocèse de la considération universelle : il eût été élu dépnté aux Etats-Généranx, si sa qualité de confesseur de Louis XYI ne l'avait rendu suspect an paiti avancé. Pendant les derniers mois de 1790, la future Conslihition civile n'avait pas d'adversaire plus décidé. Au dernier moment, il se laissa circonvenir : Madame Campan raconte que Mirabeau alla le trouvei la veille du jour fixé pour le serment ; leur entretien dura toute la nuit et le lendemain M. Poupart jura avec 4o membres de sa communauté qui en comptait 5o K C'était uji gros bataillon qui passait du côté des assermentés. M. Poupart traversa les joui^ de

I. Voici comment Barniol. dans le Journal ecclésiastique de février 1791 (i8i-i83), commente le serment de M. Poui^art :

(( M. Poupart, le curé de 5o.ooo âmes ! le confesseur du Roi ! — « Ali ! on dit qu'il s'est cru dans une situation toute autre que « celle de ses confrères! Oui, elle étoit toute autre; elle montroit « aussi une tonte autre «gloire à acquérir, un tout autre mérite (( auprès de Dieu. Qu'ils seroient mallienreux, les prêtres des rois (( et de la Cour, s'ils n'avoient plus d'obstacles à vaincre que pour « montrer plus de foiblesse ! S'ils sont plus élevés, l'humiliatif))! (( n'en devient-elle pas aussi plus sensible i' M. le cviré de Saint- (( Germain-l'Auxerrois est aussi le curé du lloi et de la Cour et (( c[u'a-t-il fait? 11 s'est montré digne de l'fHre ; il s'est montré i)rèt (( à sacrifier à sa conscience tous ses titres, Ilalteurs poiir l'imbé- « cillité humaine, et rien de plus s'ils ne supposent pas plus de « vertu, ni plus de grandeur d'âme. C'est donc une raison bien (( futile qu'on prête au curé de Saint-Eustache... Ou vous croyez « pouvoir faire ce serment, parce qvx'il ne renferme en lui-même ({ rien d'indigne du Dieu que vous rendez témoin de vos pro- « messes; alors, il faut le faire; parce que la loi qui le prescrit (( n'est point injuste ; — ou vous le regardez comme contraire aux (( lois de Dieu, et alors, ni la Cour, ni le Roi, ni les maîtres, ni les (( fureurs du j)Cuplo, ni la mort, ni la faim, ni la nudité, ni les (( dépositions, ni les ignominies ne doivent l'arracher à un prêtre. « Ces considérations et ces égards ne couvrent pas le lâche, le <( prévaricateur et le parjure. »

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la Terreur sans y laisser ni sa vie, ni son honneur ; en 1795, il rouvrit son église au culte constitutionnel et mourut en 179O '.

Une autre conquête à laquelle tenaient par dessus tout les partisans du serment était celle de la paroisse Saint-Sulpice, lapins considérable de la rive gauche, et peut-être de tout Paris. Le 9 janvier, quand le curé, M. de Pancemont, s'avança pour monter en chaire, l'église était comble; il y avait des gens grimpés sur les confessionnaux et jusque sur les corniches de la voûte. Chacun attendait avec anxiété la résolution du curé : on savait que les jours précédents, il avait eu de longues conférences avec les commissaires des sections qui formaient la paroisse ; mais on ne savait pas ce qui en était sorti. Environné de son clergé rangé sur les marches de la chaire, M. de Pancemont parla avec son éloquence ordinaire, et prit pour sujet : le Devoir. Il montra en terminant que les jugements de Dieu n'étaient à redouter que pour ceux qui n'écoutaient pas la voix de leiu- conscience. Quand il eut hni, des voix s'élevèrent réclamant la prestation du serment.

Dominant le bruit, M. de Pancemont exposa alors que ni lui, ni aucun de ceux qui l'entouraient ne consentirait à un acte contraire à leur conscience. Les cris redoublèrent : (( Le scrnieni ou la lanterne ! » Il y eut alors un tunmlte effroyable : les gens paisibles fuyaient, les femmes s'évanouissaient et les interrupteurs essayaient d'arriver jusqu'au curé pour mettre

I. Voir r<;lii(l(? publiée dans la Hcviic des <iiicsU()H!i hislori<iU('S dos i" Jiiill(;l cl 1" oclobro igoH, par Tabbô .Soiilil", du clorf^é do Paris.

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