LE NOUVEAU CLERGE
larcs étaient celles où les refus de serment n'avaient pas laissé beaucoup de vides qu'il s'agissait maintenant de combler.
Il y eut d'abord à pourvoir de curés non seulement les paroisses nouvelles, mais les anciennes dont les titulaires avaient refusé le serment.
Le corps électoral, cbargé de désigner les nouveaux pasteurs, était composé de 781 électeurs, élus euxinémes par les a citoyens actifs », à raison d'un électeur pour 100 citoyens. La présidence appartenait au procureur - syndic du département. Ces électeurs tinrent douze séances entre le 3o janvier et le 27 mars ^. L'empressement des votants ne tarda pas à se ralentir considérablement. Le 3o janvier, le P. Poiret, supérieur (le l'Oratoire de la rue Saint-Honoré, fut élu à Saint- Sulpice par 435 voix sur 485 votants ; le dimanche sui- ^ant, M. Corpet, premier vicaire de Saint-Laurent, fut nommé à Saint-Germain-l'Auxerrois par 5o6 suffrages sur 593, et M. Legrand à Saint-Roch par 566 voix sur DijC). Mais à la fin de la période, M. Duchesne fut (Mivoyé à Saint- V^ictor par 170 voix sur 3^5 votants, et, en 1792, quand il y eut à remplacer M. Poiret, qui venait de mourir, son premier vicaire, M. Maliieu, fut élu par 2!24 suffrages sur aSo votants (et 781 inscrits).
Bien qu'il y ait eu un assez grand nombre de prêtres (le province à se mettre sur les rangs, généralement des piètres mêlés à la politique, les électeurs parisiens ne
I. Cli;ir;iv;iv, Asscinhlrc éh'clorale de Paris, l'aris, iSijo, 1,
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nommèrent que des parisiens, sinon de naissance, tout au moins naturalisés par un long séjour. On désigna pour Saint-ïhomas-d'Aquin l'abbé Minée, né à Nantes, mais curé de la petite paroisse des Trois-Patrons, à Saint-Denis : le jour même de son installation à Sainlïhomas, M. Minée fut appelé par ses compatriotes à révêché de la Loire - Inférieure ; il donna donc sa démission et s'en alla dans son pays natal ; il y fut un des séides de Carrier, et fut poursuivi en 1794 comme un des complices des hideuses noyades ^.
On élut en outre sept premiers vicaires, neuf simples vicaires ou prêtres habitués, entre autres l'abbé Ik'ugière, dont nous avons eu l'occasion de parler. En plus du P. Poiret, ce fut un autre oratorien, le P. Latyl, qui succéda à Saint-ïhomas-d'Aquin à M. Minée, devenu évêque. Latyl fut guillotiné en 1794, bien qu'il eut apostasie 2. Enfm, à Saint-Séverin, on mit un génovéfain, Claude Leblanc de Beaulieu, qui devint en 1800 évêque constitutionnel de Seine - Inférieure, en 1803 évêque légitime de Soissons ; en 1817, il fut choisi par Louis XVIII pour l'archevêché d'Arles ; le rétablissement de cette métropole ayant été ajourné, il donna sa démission, se retira aux Missions étrangères et y mourut pieusement en 18^5 ^.
I. Pisani, Répertoire, i3G-i3(). — Lallié, Minée et son épiscopat (Bévue de la Révolution française. i883). — Du même. Le diocèse de Nantes pendant la Révolution, 1 vol. Nantes, iSgS. — Victor Pierre, L'église de Saint-Thomas-d'Aquin pendant la Révolution. Paris, 1887.
■2. Victor Pierre, op. cf7., 25-29.