‹ L'église de Paris et la Révolution (volume 3)Chapitre 66 sur 146 · l*isaiii, Répertoire, lOo-iOf · texte numérisé non relu

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Gohel, évc(/ac de Paris.

Une antre élection élait à faire, celle de l'évêque destiné à remplacer M. de Jnigné. On y procéda le i3 mars. Anx 781 électeurs de la ville, s'étaient réunis les i32 électeurs de la banlieue ; sur ces 918 votants, on ne comptait que 31 prêtres. 664 électeurs usèrent seuls de leur droit et dès le premier tour 5oo suffrages désiiiiièrent J.-B. Gobel, évéque de Lydda et membre delà (lonsti tuante '.

1. Cliaravay. op. cit., l, T)'!.'). — (îobel avait eu deux concnrronts : Louis Charrier de la Roche, curé d'Ainay à Lyon, et l'abbé Sieyès, l'un et l'autre membres de la Constituante. Charrier de la iloclic n'eut que 5G voix, et, après avoir manqué Lyon, se dédomiiKïjxea HA'ec le siège métropolitain de Normandie. Sieyès ne recueillit que 2() suffrages; il s'était désisté par une lettre publique, mais parue quand il s'était vu hors d'état de lutter. « 11 est vrai », (lit le journaliste Girard de Perrolière, « que l'abbé Sieyès a été M du nombre de ceux qui ont été discutés dans le club électoral, « et il Ta été de la manière la plus avantageuse par plusieurs ad- (( ministrateurs du département; on a fait valoir ses mœurs aus- '( tères, ses connaissances profondes, son ardent patriotisme, son « amour pour la Révolution dont on l'a dit « le Père ». Des élec- « leurs intéressés seulement au bien général, ont répondu avec u franchise que le corps électoral avait acquitté sa dette en le « nommant au département...; (ju'il est membre du Directoire...; « ses grandes connoissances administratives seront en cette place '( d'une utilité précieuse à la chose publique; ...d'où on a conclu " (ju'il falloit le laisser membre du Directoire. Passant ensuite à <( l'examen des qualités nécessaires à un bon évêque, on a dit « qu'il était essentiel d'avoir de l'expérience dans le gouvernement « (l'un diocèse ; que, dans le noinud ordre des choses, il falloit « confesser, prêcher, visiter les malheureux... on a ajouté qu'en « considérant la vie philosophique et concentrée de l'abbé Sieyès, '< il paroissoit peu propre à faire un bon pasteur; que, n'ayant « jamais eu d'autre fonction à remplir que celle de chanoine et

20G r.OBEL, ÉYÊQLE DE PARIS

Nous savons combien on avait protesté contre la manière dont les évêques étaient choisis au xviii^ siècle, Gobel tranchait au milieu de tous ces grands seigneurs : il était d'authentique roture. 11 est vrai qu'il n'appartenait pas à l'épiscopat français. Il était le coadjuteur d'un prélat étranger, l'évéque de liâlc, qui l'avait spécialement chargé d'administrer les parties de l'Alsace et de la Franche-Comté qui se trouvaient dans son diocèse. Sa résidence officielle^ élait Porren- Iruv.

« do grand vicaire du diocèse de Chartres, où il ne résidoit pas, <( il ne poiivoit avoir les connoissances de détail nécessaires à un « prélat du nouveau régime ([ui doit être évèque et curé touten- « semble ; que d'ailleurs la façon de penser de l'abbé Sieyès sur la « constitution civile n'étoit pas connue avantageusement, lui qui « avoit écrit contre la suppression des dîmes, qui n'avoit pas prêté (( le serment d'édification et de bon exemple, ainsi que ravoient (( fait plusieurs ecclésiastiques de l'Assemblée Nationale non fonc- (( tionnaires publics. D'après tous ces motifs, le club électoral s'est (( déterminé, après une discussion de trois jours, à ne pas élire (( l'abbé Sieyès, et ce vœu formulé à la presque unanimité a été (( formulé dès le vendredi... et c'est donc bien tardif delà ])art de « l'abbé Sieyès d'attendre au dimanche, une heure avant l'élec- (( tion, pour envoyer la lettre par laquelle il manifeste ses préce tendues dispositions à refuser dans le cas où on le nommeroit. « On seroit fondé à assimiler ce langage à celui du renard de (( La Fontaine. » (Rt^volutions de Paris, n" 88.)

Elu membre de la Convention, Sieyès vota la mort de Louis XVI, abdiqua son sacerdoce le lo novembre 1793, fut membre du Comité de Salut Public, du Conseil des Cinq-Cents ; élu membre du Directoire en i^gô, il n'accepta pas, mais il fut l'un des trois consuls provisoires après le 18 brumaire. Bonaparte, qui voyait en lui le premier des idéologues, l'exila au Sénat, dont il devint président. Comte de l'Empire, grand-olTicier de la Légion d'honneur, membre de l'Académie des Sciences morales et politiques et de l'Académie française, il dut sortir de France en 181G, comme régicide ; revenu en i83o, il mourut à Paris en i83^.

COREL. KVKQIE DE PARTS 207

\é Cil 1737, à Tliaiiii, il avait fait ses éludes à Rome, au collège Germanique : il y avait reçu une solide formation théologique en fréquentant les cours de l'Université Grégorienne, où enseignaient les Jésuites ^. Imi rentrant dans son pays, il fut nommé chanoine de la collégiale de Delémont, et hientôt il entra au chapitre de Baie, qui, depuis la Réforme, siégeait à Arlesheim. M. de Wangen, son évêque, le prit en affection, le chargea de l'Officialité diocésaine, le nomma vicaire général, et enfin, en 1772, le sacra pour lui confier la partie française de son troupeau.

Instruit, actif, très régulier dans ses mœurs et irrépmchahle dans sa doctrine, le nouvel évêque de Lydda paraissait justifier la confiance qui le portait aux honneurs ; mais son élévation à la dignité épiscopale lui tourna la tête. Le faste auquel l'usage l'obligeait l'entraîna dans des dépenses qui dépassaient ses ressources et ses besoins d'argent furent la source principale de ses malheurs. M. de Wangen, mort en 1782, avait été remplacé par M. de Roggenbach : or Gobel avait été l'âme du parti qui avait cherché à empêcher cette élection. Brouillé avec M. de Roggenbach, Gobel essaya de faire créer un évéché indépendant dans la Haute-Alsace, dont il eût été le titulaire, et engagea avec Versailles d'obscures intrigues qui n'aboutirent pas; il y gagna seulement la faveur du gouvernement français et une pension de 8.000 livres 2.

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