‹ L'église de Paris et la Révolution (volume 3)Chapitre 67 sur 146 · I. Fisquot, op. cit., r)i()-r)3o · texte numérisé non relu

I. Fisquot, op. cit., r)i()-r)3o

■>.. (Jauthorot, Lm répiihlhjue rauracimnc. Paris, 1908. On y trouve le détail do foulos les menées de (Joljel et de ses partisans contre le [)rinceév(V|ue de Rogfrenbacli.

').oH COHEL. ÛVKQLE DE PARIS

Il s'iiabilua à irsidcr a Paris, où il menait grand Irain, en essayant de pénétrer dans la société fermée, où les antres évéqnes fiançais étaient admis par droit de naissance, l^our se faire accepter dans le monde aristocratique, il déployait un luxe de parvenu, aflîchait les vices à la mode, se mit à jouer, car c'était bien porté, et il eut l'honneur de perdre son argent en noble compagnie. A la veille de la Révolution, il était criblé de dettes et, pour le beau monde, il n'était toujours qu'un pauvre diable d'évêque in partibus.

Dans cette position humiliée, il avait pour collègue son confrère Miroudot du Bourg, évcque de Baljylone, qui avait préféré au séjour de la Mésopotamie celui du cloître Notre-Dame. M. de Juigné l'employait comme auxiliaire pour les cérémonies qui avaient à être présidées par un évéque, et lui faisait pour cela une petite pension, qu'il cumulait avec celle qu'il recevait de la Congrégation de la Propagande^.

Les deux prélats, mécontents de leur position subalterne, ne pouvaient que garder rancune à la société des avanies qu'on ne leur épargnait pas, et qu'ils dévoraient en silence. ^ ienne le jour où le vieil édilice tremblera sur ses bases, ils ne pourront qu'attendre avec satisfaction la définitive catastrophe. Il y a cependant une distinction à faire entre les deux personnages. Miroudot était dépourvu de tout mérite personnel et

I. Histoire du clergé de Paris pendant la Révolution, I, 299-800. — Histoire de la mission de Bagdad, par Mgr Altmayer, dans l'ouvrage Les missions catholiques françaises. Paris, Colin, 1901,1, 22/1-236. — Fr. Masson, Le Cardinal de Bernis, p. l\-î'i. — Pisani, Répertoire, p. 19.

GOliEL, EVEQl E DE PARIS 2O9

mémo de toute valeur morale. Les coustitulionnels, qui ne se montrèrent pas toujours très exigeants, ne voulurent jamais de lui pour être un de leurs évèques. Gobel au contraire avait de sérieuses qualités, et, même aux heures d'égaremenl, il restera assez conscient de ses devoirs pour être accessible au remords. Nommé député aux États-Généraux par le clergé de la Haute-Alsace, il dut promettre de ne participer en rien aux lois qui entreprendraient sur le pouvoir spirituel*. Gêné par cet engagement, il eut une attitude réservée, et, dans la discussion sur la Constitution civile du clergé, nous l'avons vu prendre la parole pour défendre les droits du Saint-Siège-; cependant, il vota toujours avec le groupe le plus avancé du clergé, celui dont les archevêques de Bordeaux et de Vienne avaient été les chefs, et il leur succéda après la mort de l'un et le repentir de l'autre. Quand la Constitution ci^ile eut été sanctionnée par le roi, et que les députés ecclésiasti(|ues furent mis en demeure d'y adiiérer par un serment public, il oublia ses récentes protestations d'orthodoxie et, après quelques jours d'hésitation, se mit à la suite des députés-prêtres qui acceptèrent de faire ce serment^. Par là, il posait sa candidature à un

1. Veron-Rovillo, Histoire de la Réoolation française dans le drpariement du llaul-Rhin. Colmar, i805, 33-55.

•{. Voir, p. lO'j.

'^. Le premier jour {u) (irccinlirc i7.;)())il n'y ciiUiiic jy dépiilL-s du cicr«^é qui jurèrent ; encore yen eut-il un certain nombre qui crurent pouvoir le faire parce (|u'ils avaient expressément réservé les droits spirituels de l'Kfjrlise. lis se rétractèrent (piand ils surent que leurs restrictions n'étaient pas admises {Journal erclhiastique, fi'vrier 17J1), mais ils furent remplacés par cx)uv qui, comme

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des évèchcs qui allaient vaquer, et dont on s'occupait déjà de désigner les nouveaux titulaires.

I"]|u le 1,') mars, CJobel fut proclamé le jeudi suivant, 17, api'ès c(ue le procureur-syndic Pasloret eut déclaré réleclion valable. 11 y eut une messe solennelle, où (Jobel prit la parole, protesla de son attacliement et de son respect pour la Constitution civile : u Je me dois à (( la loi qui me prescrit des formalités à remplir pour (( assurer le complément de vos vœux. 11 faut que la (( confirmçition canonique appose le dernier sceau, et (( alors je reviendrai vers vous pour demeurer cons- « tamment avec la portion la plus glorieuse de mon u héritage. Avec quel empressement alors, avec quelle (( joie, mes très chers frères, je vous administrerai (( toutes les consolations que vous devez attendre de « votre premier pasteur î Ah! comptez sur macharilé (( et sur mon zèle. Je me dévouerai sans réserve à la (( paix et au salut de > os Ames I »

Et aussi t(jt s'organisa une procession populaire : les tambours et la musique de la Garde nationale prirent la télé du cortège, Gobel marchait aux colés du président, puis quatre évéques assermentés, les curés ralliés à la Constitution civile, les électeurs rangés par bureau, présidents, secrétaires et scrutateurs en serre-file ; on fit le tour de la Ci lé et on rentra à la cathédrale pour y chauler un Te Deiun.

11 manquait à Gobel l'institution canonique, et la question se posait de savoir par qui elle lui serai! con-

Gobel, avaient temporisé, et qui, voyant la tournure que prenaient les CAcncments, s'enrôlèrent dans le parti des assermentés.

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