LES EGLISES PAROISSIALES I I
construit l'église actuelle, non loin de l'emplacement de la chapelle primitive.
Les paroisses de la rive droite étaient fort inégales : Saint-Gervais comptait 24.000 communiants, Saint- Merry 25.000, Saint-Paul 26.000, Saint- Germain l'Auxerrois Sa. 000, Saint-Eustache 80.000, et au contraire il n'y en avait que 3oo à Saint-Josse et 120 à Sainte-Opportune *.
Le quartier de l'Université, outre une foule de cha-
'lles de chapitres, de couvents ou de collèges, avait neuf
^lises paroissiales, dont trois seulement subsistent :
lint-Etienne-du-Mont, Saint-Nicolas-du- Chardonnet
^t Saint-Séverin ; les six autres ont disparu : l'empla-
!ment de Saint-André-des-Arcs forme aujourd'hui la
itite place entre la rue Saint-André-des-Arts^ et la
le Suger, ancienne rue du Cimetière Saint-André-
les-Arcs. Saint-Côme était au point où la rue Racine,
rcée en i838, débouche sur le boulevard Saint-
[ichel. La grande entrée de la Sorboane, rue des
:oles, remplace Saint-Benoît ^. Saint-Ililaire était rue
I. Le Poui7^' de l'abbé Denys évalue la population par le nombre communiants : comme il n'est pas tenu compte des petits en-
ils, beaucoup plus nombreux alors qu'aujourd'hui, il semble
ic le nombre des communiants représente les quatre cinciuièmes (le la population totale.
3. On dit maintenant Saint-André-des-Arts, sans qu'il soit pos- '•ible de dire pourquoi cette modilication que rien ne paraît juslilier. C'est ainsi (juc de la rue dos Jeux-Neufs on en a fait la rue 'les .Jeûneurs, de la rue aux Oues (Oies) la rue aux Ours, et de la rue de Cassel la rue Cassette.
'.i. (]ette église fut transformée en théâtre en j83a, et, en i8,'i5 <iis|)osée en logements par un propriétaire ([ui la défigura à un tel point f[u'en i854, quand fut percée la rue des Ecoles, il n'y «vait
12 LES EGLISES PVROISSLVLES
des Scpt-Voies (aujourd'hui : Valette), au coin d'une rue qui était appelée rue Saint-Hilaire, avant de recevoir le nom de de Lanneau, le théatin marié qui restaura le collège Sainte-Barbe. Saint-Jean-l'Evangéliste était la chapelle du collège du Cardinal Lemoine et so7i curé n'avait de pouvoirs que sur le personnel de l'établissement. Saint-Jean-de-Latran, dont l'existence est rappelée par un nom de rue, était une des cinq paroisses exemptes, parce qu'elle était desservie par des religieux qui n'avaient de pouvoirs que sur les habitants des maisons séculières construites dans leur enclos. Les paroissiens de Saint-Jean de Latran n'étaient que quelques dizaines: au contraire, Saint-Côme avait 3o.ooo communiants et Saint-Etienne-du-Mont 3G.ooo ; il est vrai que cette paroisse, ayant pour centre l'abbaye génovéfaine, s'étendait depuis la Seine jusqu'au Yal-de- Grâce, et que, de l'autre côté de l'enclos des Chartreux, elle possédait toute la région, dite fief Sainte- Geneviève, qui comprend maintenant le quartier de Plaisance jusqu'aux limites des paroisses de Vauves et d'Issy.
A l'ouest de l'Université, hors de l'ancienne enceinte, commençait le faubourg Saint-Germain, Cependant de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés, qui lui avait donné son nom. L'abbaye était autrefois propriétaire de toute cette plaine qui va de la Seine aux premières pentes de Montrouge. Les moines, ne se croyant pas appelés au ministère paroissial, le faisaient exercer par
rien à sauver dans ce qui en restait. (Un théâtre dans une église à Pans, par G. Hartmann, dans le Bulletin de la Société de l'histoire du théâtre, igo8.)
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1111 pivlro séculier, clans une église assez misérable dédiée à saint Sulpice.
11 suffît de connaître sommairement l'histoire du vénéré M. Olier, pour savoir combien était profonde la démoralisation de ce faubourg délaissé, où vivaient, en marge de la société, les vagabonds, les coupeurs de bourses et les filles de mauvaise vie, toute cette écume que les polices royale, municipale et universitaire rejetaient avec dégoût hors de l'enceinte de la capitale. C'est pour devenir le curé de ces u apaches », que M. Olier renonça aux honneurs qui venaient à lui : au scandale de sa famille et de ses amis, il alla se lixer au milieu de ces pauvres gens, et nous savons ce qu'est devenue la paroisse de Saint-Sulpice. Grâce à son - esprit apostolique, les désordres diminuèrent, la vie chrétienne s'enracina sur cette terre qu'on avait crue à jamais stérile : grâce à son talent d'administrateur une tradition s'établit parmi ses vicaires, passa à ses successeurs, et conserve encore aujourd'hui ce caractère de religion forte et agissante qui distingue cette admirable paroisse entre toutes celles de Paris. C'est ainsi qu'en entrant dans les églises de Milan, en remarquant l'ordre, le recueillement et la foi avec lesquels se font les plus humbles cérémonies, en admirant la richesse, et, ce qui est i)lus rare encore en Italie, la propreté de tout ce qui tient au culte divin, en se mêlant à cette foule si attentive et si édifiante, on ne peut s'empêcher de reconnaître que saint Charles est encore vivant par ses œuvres au milieu de son peuple.
La paroisse de Saint-Sulpice s'était notablement développée au cours du xviir siècle, elle était devenue le