Gantherot, op. cit., i3<)sq., 103 sq
3. Annales catholiques, rédigées par l'abbé de Boulogne, III (1797), A0r,-.',72.
H. Décret sur les séminaires, 22 décembre/J janvier 1791 (Guicliard, op. ci/., sect. II, 175-177).
L ORGANISATIO\ DES PAROISSES 'î I 7
[ni pour (lovenir vicaire épiscopal d'un autre Oraloiler) à Vrras. Membre de la Goiivenlion, des Cinq-Cents, il fut l'un des principaux acteurs de la Révolution de brumaire, et l'un des rédacteurs de la constitution de l'an A 111. 11 avait absolument oublié qu'il avait appartenu à l'Église. Il mourut en i8/»o, ayant été professeur au Collège de France, membre de l'Institut, deux fois garde des Archives nationales, jusqu'à i8i5, et depuis i83o.
L'orr/nnisn/io/} fies paroisses.
Le diocèse constitutionnel de Paris avait donc un évèque, des vicaires épiscopaux, des professeurs de séminaire; les paroisses arrivaient à se pourvoir de curés, mais où va se recruter le clergé des 33 paroisses?
Nous avons vu que sur 718 prêtres employés dans le ministère paroissial, ^qi refusèrent le serment en janvier 1791, et que l\2i] le prêtèrent, dont 24 curés, (^ue devinrent ces 4^6 ecclésiastiques?
J'ai dressé, d'après les comptes de l'administration départementale, la liste à peu près complète du clergé paroissial de Paris à la fin de cette année 1791. Elle comprend au moins, de juillet 1790 h octobre 1791, ceux qui, touchant le traitement légal, avaient affaire avec le bureau de comptabilité. Ce traitement était à l^irisde i.ooo livres pour les simples prêtres, de 1.800 |)oiii' les seconds vicaires, de 2.400 pour les prenners et de (i.ooo pour les curés.
Sm- les r)oo noms (jui figuient sm- ces listes, il y en a 275 qui avaient juré à Paris quelques mois avanj., une
n\H i/our.\NisvTio\ des paroisses
centaine de religieux, quatre ou cinq prêtres ordonnés par Gobel, et environ lao venus à Paris ou admis dans les paroisses depuis la prestation du serment.
Ce chiffre de 5oo prêtres constitutionnels pour la seule ville de Paris paraît énorme, et il n'est pas complel. En y joignant les vicaires épiscopaux, les professeurs de séminaires ou de collèges, les aumôniers des hôpitaux ou hospices et les prêtres attachés aux paroisses sans recevoir un traitement du département, nous arriverions sans doute à 800. Nous sommes loin des estimations où on avait l'habitude de se tenir quand on écrivait l'histoire avec du sentiment. Pour les 5oo prêtres employés dans les paroisses, et occupant un emploi rétribué, il n'y a pas à discuter : leurs noms figurent tout au long, à côté de la somme payée, sur les registres départementaux, qui sont à la disposition du premier venu au dépôt du quai Henri IV.
Nous avons dit que sur ces 5oo prêtres assermentés, 370 étaient déjà employés dans les paroisses de Paris avant de prêter serment, mais ce n'est pas 27.5 qui avaient juré, c'est 436. Que sont devenus les r5oauti'CS?
Quelques-uns étaient retournés dans leurs diocèses d'origine, soit pour y prendre un emploi de curés assermentés, soit pour y remplir auprès des é>êf|ues élus par le peuple les fonctions de vicaires épiscopaux^. En province, encore jilus qu'à Paris, il y eut une disette de prêtres capables d'être associés à l'adminis-
I. Tels sont : MM. Boursier (Aube), Portallié (Calvados), Bessej on (Loire- Inférieure), Aubufïhoux (Lozère), Audrein (Morbihan), Mabille (Nord), Poullard (Orne), Devaux (Seine-et-Marne).
LES RETRACTATIONS
tration diocésaine, et c'est à Paris que les nouveaux évêques essayaient de se pourvoir de sujets assez au courant de la nouvelle organisation pour les assister dans les mille détails de la mise en pratique. J'ai cité les doléances de l'évêque Lemasle, du Morbihan, qui se plaint d'être arrivé trop tard à Paris, pour pouvoir en ramener des collaborateurs dont il a le plus grand besoin ; les plus capables étaient déjà pourvus et ceux qui restaient laissaient plus ou moins à désirer soit sous le rapport de la doctrine, soit du côté des mœurs K Ces prêtres de Paris, retournés en province, sont assez nombreux ; on en Ironve un certain nombre qui sont cités dans les monographies diocésaines parues depuis quelques années ; d'autres nous sont connus par les papiers du cardinal Gaprara à qui ils allèrent demander l'absolution après la signature du Concordat.
Les rétractations.
Mais il est une autre catégorie d'assermentés qui disparaissaient des listes du clergé jureur ; il ne faut pas les passer sous silence, car ils sont assez nombreux ; ce sont ceux qui, ayant juré, se sont vite rétractés.
Même avant que fussent connus à Paris les Brefs de Pie VI, qui condamnaient formellement la Constitution civile, plusieurs des assermentés avaient réfléchi ; peutêtre l'exemple de la résistance donné par des prêtres qu'ils aimaient et estimaient, les avait fait rentrer en eux-mêmes ; peut-être des ambitions irréalisées les