‹ L'église de Paris et la Révolution (volume 3)Chapitre 73 sur 146 · mai 1791. Delarc, I, 33()-3'i · texte numérisé non relu

mai 1791. Delarc, I, 33()-3'i

/|. Fin 1792. Arch. Nat., F" '1731.

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Capucin Moiel *, de Saiiil-Sulpice, de M. Desmotles, des Invalides-, de M. Labour, professeur au collège Mazarin^, de M. Curt, principal du collège de Monlaigu*, de M. Daire, chapelain du collège Mazarin ^ ; on connaît celles de MM. Salmon et Marais, curés l'un de Saint-Marcel, l'autre deSainle-Croix, à Saint-Denis; de MM. Blanchard, curé de Saint-Ouen, Frizon, curé de Belleville, Vaschalde, d'Auteuil, Bruhier, de Boniicuil, Estard, de Charonne, Letourneur, d'Issy Maillet, d'Ivry, Duval, de Montmartre, Dumaine, du Plessis-Piquet, Martinant de Préneuf, de Vaugirard; de MM. Stiévenard, Méline, Carpezat, Lamouroux, Meynier et Bonnet, chapelains des hôpitaux. Il est hors de doute que d'autres encore devaient s'être retirés de l'église constitutionnelle, dès 1791, mais sur ce point, nous sommes réduits pour le moment aux conjectures. Nous avons vu qu'une centaine de religieux entrèrent dans le clergé paroissial ; on les y encouragea en les autorisant à cumuler leur traitement avec la moitié de leur pension d'ex-religieux. On est en droit de se demander si c'est le désir de voir des prêtres valides sortir de l'oisiveté à laquelle les condamnait leur position de pensionnés, qui a déterminé cette mesure, ou bien si c'est que la pénurie de prêtres se fit déjà sentir. Toujours est-il que près du cinquième des

I. Tous deux massacrés aux Carmes coinine rétractés. Arlirlcs, , 108 et 120.

■t. Ami du fioif 7 avril 1791.

.■). Ihid., 9J'} février 1791.

'i. Jhid., 'A avril 1791.

.'). Ibid., 1 '\ mars 17'ji.

LES RETRACTATIONS

prêtres constitutionnels de Paris étaient des religieux. En première ligne, les Franciscains, Cordeliers, Capucins et Tertiaires de Picpus y sont une trentaine, puis i4 Ï3énédictins, i3 Dominicains, 7 Augustins, etc.

Gobel lit, dès 1791, plusieurs ordinations, surtout de sujets provenant des communautés religieuses; un très petit nombre de jeunes prêtres se trouvent employés dans les églises à la fm de l'année ; ce furent de tristes sujets, presque tous iront sans sourciller jusqu'à l'apostasie, et les autres, même rétractés, même repentants, seront par la suite une source d'embarras pour leurs évoques, à cause de leur absence de savoir, de formation et, trop souvent, de moralité.

Il restait environ 1 20 postes à remplir : le clergé de province n'envoya probablement pas ce qu'il avait de meilleur ; et la suite montra pourquoi leurs évoques respectifs n'avaient rien fait pour les retenir dans leurs diocèses.

Dans la moitié environ des paroisses, le personnel ne fut pas complètement à organiser, et l'ancien clergé arriva à se suffire. A Saint-Eustache, on n'eut à remplacer que le premier vicaire, M. de Laleu, qui refusa le serment et ne reparut qu'en 1796 ; les 24 prêtres qui composaient le clergé officiellement reconnu et rétribué, furent tous pris dans l'ancien personnel, et, dans cette paroisse, il y a à constater un fait peut-être unique : c'est que ce clergé traversa toute la Révolution sans perdre son homogénéité. Ensemble ils avaient juré, ensemble ils subirent la persécution, ensemble ils se rétractèrent, et, au Concordat, malgré les vides faits par la mort et par de rares défections, ils pouvaient fournir les elé-

LES premières; DIFFICULTES 2'i6

ments du nouveau clergé groupé autour du curé nommé par Mgr de Belloy '.

Dans d'aulros pai'oisses comme Saint-Séveriu, Sainl- Rocli, Saint-Sulpice ou Sainl-Vndré-dcs-Arcs, il fallut au contraire retrouver du monde pour occuper tous les postes, et ce recrutement donna l'assemblage le plus hétéroclite qu'on puisse imaginer : des séculiers, venant de paroisses supprimées, des vicaires, de la banlieue, des professeurs congédiés, des chanoines de province, puis des religieux de toute règle et de toute observance formaient un arc-en-ciel, mais non l'arc-enciel précurseur de la jiaix. Divers par leur origine, leur passé et leurs vues sur l'avenir, ils ne pouvaient s'entendre longtemps et on s'habitua bien vite au bruit de leurs querelles. Les paroisses nouvelles ne furent pas mieux partagées: à Saint-Germain-des-Prés, quelques Bénédictins, inscrits dans le clergé de la paroisse, oubliaient qu'ils n'étaient plus lesinaîtres de l'église, et M. Uoussineau, le nouveau curé, avait à le leur rappeler. Ce n'est pas ainsi que les constitutionnels allaient triompher des préventions qui commençaient à se dessiner contre eux, et le moyen n'était pas approprié pour gagner la confiance de leur peuple.

Les premières difjlc allés.

La (p lest ion l'eligieuse n'avait pas été réglée aussi facilement que l'avaient pensé les Constituants. Chaque fois que l'Llat entreprend de légiférer en matière

1. Soiilif, IleiMif des (lucslioiis historiques, jiiillcl cl octobre lyoS.

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