QUI FRÉQUE\TE>IT LES G1IA1>ELLES
mcnls des ïhéatins furent discutés à l'Assemblée ; la majorité ne pouvait se solidariser avec les auteurs des hideuses violences de la veille, mais elle craignait, en se prononçant trop nettement, de discréditer l'église constitutionnelle. On entendit un discours de Treilhard, qui, traduisant l'état d'esprit de l'Assemblée, commença par proclamer la liberté de conscience comme nécessaire, comme déjà décrétée, puis il arriva à cette conclusion imprévue : a Je ne veux pas voir deux cultes là où il n'en existe qu'un » et il approuva presque les manifestants, en qui il voyait les a défenseurs de l'Unité de l'Eglise' ». Maury le combattit avec sa fougue ordinaire, et n'arriva qu'à se faire enlever la parole '2. On renvoya la proposition d'ajourner l'exécution de l'arrêté du Directoire à une commission qui chargea Talleyrand du rapport. Le 7 mai, le rapport fut présenté, et Talleyrand, mauvais évêque, mais politique
Aiistro veniet ; c'était un appol à rintcrvention armée de l'Autriche !
La famille royale fut dès lors prisonnière aux Tuileries : Madame Royale s'étant mise à la fenêtre, fut grossièrement apostrophée par un canonnier qui lui criait : « Que j'aurais de plaisir « à voir ta tète au bout de ma bayoïinette ! » {Histoire du clergé, 18-21). — Le 2") décembre 1790, Prudliomme termine une diatribe contre Marie Antoinette par ces menaces : « Au i)remier coup de « canon que votre frère fera tirer contre les patriotes français, « votre tête lui sera envoyée, » L'année suivante les violences ne f^ardaient plus aucune mesure : lors de l'inauguration de la guillotine, le aâ avril 1792, Prudhommc proposait d'y placer les vers de Malherbe :
Et la garde qui veille aux barrières du Louvre N'en défend pas nos rois,