Aulard. op. cit
•ili^ DÉGUET nt' 7 ArVT S[TH LA TJBEli'l É UEUGIEUSE
aviso, se déclara partisan de la Liberté : « S'il est un (( cidte, dit-il, que la Nation ait youIii payer... il n'en (( est aucun hors duquel elle ait voulu déclarer qu'on (( ne serait pas citoyen... le roi lui-même pourrait (( suivre une autre religion que celle de la Nation. » Et, répondant incidemment au lîref du Pape, dont tout le monde parlait à l'Assemblée, malgré l'afrectation de l'ignorer, il ajoutait : a C'est très injustement qu'on a (( osé nous accuser de schisme : une Nation n'est pas (( schismatique quand elle atïîrme qu'elle ne veut pas (( l'être... le Pape lui-même est sans force comme sans (( droit pour prononcer une telle scission : en vain (( prétendrait-il se séparer d'elle; elle échapperait à ses (( menaces comme à ses anathèmes, en déclarant tran- (( quillement qu'elle ne veut pas se séparer de lui, et (( qu'il convient qu'elle écarte jusqu'aux plus légères (( apparences de rupture en manifestant hautement la « résolution de ne point se donner un patriarche. (( Même si le Pape frappait la Nation française d'un (( anathème, nous resterions attachés au siège de Rome, u et nous attendrions avec sécurité, soit du Pontife « actuel, soit de ses successeurs, mi retour inévitable (( à des principes essentiellement amis de la Reli- (( gion ^ . ))
Décret du 7 mai sur la liberté religieuse.
Malgré ïreilhard, Camus et Lanjuinais, protecteurs de cette église qui était leur œuvre, l'Assemblée
Aulard, op. cit., 8i-8a. — B. de Lacombe, op. cit., 28/1-290.
DÉCRET DU 7 MAI SLR L\ LIBERTÉ RELIGIEUSE 2llD
décréta que l'arrêté du Directoire de Paris serait maintenu : que le refus de serment n'autorisait personne à empêcher un prêtre de dire la messe dans une église nationale et que les édifices consacrés à un culte religieux par une société particulière et pourvus de l'inscription réglementaire... seraient fermés aussitôt qu'il y aurait été fait quelques discours contenant des provocations directes contre la Constitution, et en particulier contre la Constitution civile du clergé i.
On n'avait pas le droit, dans une église non-conformiste, de parler d'un autre évèque de Paris que Gobcl ; on ne pouvait pas dire que les intrus étaient sans pouvoirs, et que la parole du Pape les avait condamnés, mais néanmoins, et sous ces lourdes réserves, l'ouverture de ces églises était déclarée légitime. C'était une victoire pour la Liberté, malgré les restrictions malveillantes et inquiétantes dont la reconnaissance du droit des catholiques était enveloppée.
M. de Pancemont, après avoir attendu quelques semaines, pour laisser à l'effervescence le temps de se calmer, annonça la réouverture des ïhéatins pour le' ri juin, qui était le jour de l'Ascension. Pendant les premières heures de la matinée, des messes furent célébrées sans qu'on signalât aucun désordre mais, vers midi, la foule augmenta et devint houleuse ; des gens bien renseignés, comme on en trouve toujours en pareille circonstance, racontaient que Madame Bailly et Madame Lafayette étaient venues communier de la
I. Ilapport de Talieyraiid «'t décret dos 7/1. H mai i7<ji, sur la liberté des cultes et des opinons rcligieusos. Cuicliard, o/>. ciU,
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