‹ L'église de Paris et la Révolution (volume 3)Chapitre 92 sur 146 · I. Aiilard, op. cit · texte numérisé non relu

I. Aiilard, op. cit

PREMIERE ],OI DE PROSCIUPTION, ETC. .'ii3.)

accentua, pour les prêtres constitutionnels, la marche de leur discrédit. On s'explique donc comment il se fait que les partisans de l'Eglise assermentée eussent combattu la loi.

On voit aussi pourquoi les catholiques non-conformistes la regardèrent comme une délivrance : ils firent, en cette occasion, cause commune avec ceux qui désiraient voir disparaître la religion en tant qu'institution d'Etat, en attendant qu'ils puissent la détruire entièrement.

Mais, parla suite, on sentit que la sécularisation de 1,'état-civil avait tranché un des liens qui unissaient la Religion à la société civile. Par un empressement irréfléchi, les non-conformistes avaient travaillé à acheminer la société vers une rupture complète avec l'Eglise, ce qui arriva en fait à partir de novembre 1793, et en droit après la loi de Ventôse an III (1790).

Première loi de proscription contre le clergé insermenté.

L'Assemblée législative, en se réunissant, le i*^"" octobre 1791, trouvait la guerre religieuse décliaînée sur la France ; il nous reste à voir comment elle entreprit de résoudre celte grave difficulté.

Par un vote, qui a généralement été jugé regrettal)le, la Constituante avait décidé qu'aucun de ses membres ne serait rééligible à la prochaine législature. C'était un acte de désintéressement, mais c'était en même temps une faute. La nouvelle assemblée se trouva donc

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composée d'hommes nouveaux, dont beaucoup étaient étrangers aux afîaires politiques, et qui allaient, dans leur zèle de néophytes, se lancer dans des réformes impraticables, dont les dangers échappaient à leur inexpérience. L'opinion qu'ils représentaient était notablement plus avancée que celle de leurs devanciers, surtout au point de vue religieux ; l'ancienne droite était complètement éliminée et les révolutionnaires relativement modérés de la Constituante représentaient maintenant le parti rétrograde: Les élus du clergé étaient douze évêques et une vingtaine de prêtres, tous constitutionnels, dont plusieurs s'acheminaient visiblement vers l'apostasie.

La situation religieuse s'était beaucoup compliquée depuis quelques mois. Les brefs du Pape avaient reçu une publicité suffisante pour mettre fin aux illusions de beaucoup d'assermentés, et les partis étaient bien plus tranchés que pendant les premiers mois de 1791 ^.

Nous avons vu avec quels scrupules de légalité le clergé insermenté de Paris avait agi pendant cette période : il ne s'était résigné au ministère secret qu'après avoir épuisé toutes les ressources que lui donnaient les lois, et n'avait battu en retraite qu'à mesure

I. Le i4 février, les évèqncs de Tréguier, Saint-Pol de Léon et Vannes étaient mandés à la barre de l'Assemblée, à cause des mandements qu'ils avaient publiés contre la constitution civile. L'évêque de Senez était en prison. L'archevêque d'Embrun avait été condamné à Goo 1. d'amende. A l'occasion des troubles survenus à Nîmes entre catholiques et protestants, Prndhomme écrivait (Révolutions de Paris, n° 85, 829) en parlant de M. de Béthisy, évéque d'Uzès : « Un évèquc le hart au col serait un holocauste salutaire. »

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