COMRE LE CLERGÉ INSERMENTÉ
En avril 1792, alors que la guerre venait d'être déclarée à l'Autriche, il sembla que le moment était venu de renouveler et d'aggraver les dispositions prises contre ceux qu'on affectait d'appeler « les ennemis de l'intérieur ». Rolland, devenu ministre de l'Intérieur, et exerçant par intérim les fonctions de ministre de la Justice, prit l'initiative d'un nouveau décret contre les insermentés. Dans le style ampoulé qui était alors à la mode, il les dénonce aux vengeances des patriotes et ratifie les mesures prises illégalement contre eux* : <( Que peut la tolérance religieuse contre l'ambition, (( l'orgueil et l'avarice des prêtres? Libres de tout frein, « ils grossissent leur parti des ignorants et des faibles (( qu'ils effraient et de ceux dont ils ont surpris la (( bonne foi par des manœuvres et des sophismes : la (( honte et l'infamie attendent tout dépositaire de l'au- (( lorité qui, froidement assis sur la borne posée par <( une loi imprévoyante, refuserait de s'élancer au delà (( pour prévenir ou empêcher le meurtre qu'un jour, « qu'une heure, qu'un moment peuvent amener. »
L'Assemblée saisie d'une proposition destinée à compléter la loi de novembre, entama une discussion où les orateurs essayèrent de renchérir sur les atroces accusations lancées, l'année précédente, et la palme de l'odieux et du ridicule semble revenir cette fois à Français, de Nantes, qui demanda la déportation des insermentés. Pour dire que les discussions religieuses ont parfois troublé la paix des familles, il s'écrie : u J'ai (( vu, dans les campagnes, les flambeaux de l'hyménée