‹ L'église de Paris et la Révolution (volume 3)Chapitre 95 sur 146 · ÎÔ-Î PREMIÈRE LOI DE PROSCRIPTION · texte numérisé non relu

ÎÔ-Î PREMIÈRE LOI DE PROSCRIPTION

un mémoire qui est un chef-d'œuvre de clarté et d'esprit juridique, et dont le moindre mérite n'est pas d'avoir pour auteur Talleyrand, qui avait tout fait pour assurer l'existence de l'église constitutionnelle, et qui, maintenant désabusé, se mettait en lutte avec ceux qui prétendaient la servir à coup de lois d'exception^.

Vivement impressionné par le caractère odieux de cette loi, Louis XVI notifia, le 19 décembre 1791, à l'Assemblée qu'il entendait user de son droit de veto. Ce fut à cette occasion que commença une campagne acharnée contre la prérogative royale de suspendre l'exécution de certaines lois, u La constitution l'a douce née au Roi, disaient les adversaires du veto, pour lui « permettre de s'opposer aux mesures qui pourraient (( nuire au bien de l'Etat, mais non pour celles qui (( contribueront à son salut ; or, c'est le bien de l'Etat (( qui réclame l'exécution de cette loi, et le Roi ne peut (( sans forfaire, en refuser l'application. » C'est le type du sophisme connu en philosophie sous le nom de pétition de principe 2.

Louis XVI ne céda pas, et la loi resta inap^Dliquéc, ou tout au moins elle eût dû l'être. Mais, avec le progrès de l'anarchie, les districts et les municipalités ne se croyaient plus obligés à respecter la constitution quand les passions leur inspiraient de la violer. La loi non-exécutoire fut donc le prétexte de violences arbitraires que l'Assemblée tolérait ouvertement 2.

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