‹ L'église de Paris et la revolutionChapitre 110 sur 286 · Annales de la Religion^ XIII, i · texte numérisé non relu

Annales de la Religion^ XIII, i

2. Isa Carus avait été élevé à Rome au collège de la Propagande, et, ses études achevées, il y avait été employé comme interprète. Au temps de la République romaine, il avait fait du zèle en faveur de la Révolution, et, après le rétablissement de Tautorité pontificale, il avait été expulsé de Rome. C'est donc d'Italie qu'il arrivait quand il débarqua à Marseille ; ce n'est pas seulement à l'évêque Aubert qu'il jeta de la poudre aux yeux ; Tadministration des Bouches-du-Rhône lui donna un secours et lui fournit une feuille de route pour aller à Paris, en jouissant de l'indemnité de déplacement correspondant au grade de capitaine. Une fois arrivé à Paris, Isa Carus se mit en relations avec les constitutionnels et alla célébrer dans leurs églises ; avec son costume oriental, ses ornements de forme inusitée et sa grande barbe, il attirait beaucoup de curieux. Il se donnait alors comme appartenant à une r|che famille musulmane (ou sckismatique, suivant les cas) par laquelle il avait été déshérité quand il s'était fait catholique ; à d'autres il racontait que c'était dans la maison de ses parents, à Bethléem, que le général Bonaparte avait reçu l'hospitalité.

La police s'inquiéta d'abord de ce personnage dont les bavardages intriguaient et de longs rapports lui sont consacrés ; ils nous apprennent que dans le temps que lui laissaient libres les

INVITÉS ÉTRAIXGERS l8l

gancîni, de Casai, et Degola, de Gênes, tous deux jansénistes à tous crins *. Complètement dépourvus de ce qu'on appelle la finesse italienne, ils manifestèrent des sentiments tellement absolus, notamment sur la question de Tobéissance qui était, ou plus exactement n'était pas due au Pape, qu'ils effarouchèrent quelque peu la majorité de l'auditoire ; mais Degola, qui était riche, avait versé une contribution de 5oo francs pour les frais du concile et pour ce prix-là, il avait un peu le droit de mettre les pieds dans le plat *. Il y eut d'ailleurs plusieurs membres de l'assemblée qui furent ravis de cette rude franchise. On avait demandé l'atté-

fonctions ecclésiastiques, il était installé dans un café du Palais Royal où, bien qu'il ne sut pas encore le français, il amusait un cercle de badauds par ses histoires extraordinaires.

En 180/1, Isa Carus alla trouver le L(''^at pour se faire relever des censures qu'il avait encourues en communiquant avec les schisniatiques, et cela nous vaut une édition nouvelle, revue et augmentée de son autobiographie (AF IV, 1899). — '^ était alors candidat au poste d'aumonier des mameluks (parmi lesquels il y avait surtout des chrétiens de Syrie et d'Egypte), qui étaient casernes à Melun.

Sous la Restauration, il disait la messe à Saint-Philippe-du- Roule ; depuis longtemps, il avait renoncé à faire croire qu'il était évéque; il se donnait comme « catholique prélat de Jérusalem » ou (( prélat grec apostolique » ; il avait réussi à se faire inscrire dans la liste des pensionnaires de la Maison du Roi et obtint chaque année un secours qui fmit par être de 3oo fr. (F 19 ii/jo, ii55, ii58, 1169, iaa5).

En i83o les pensions sont supprimées et je le perds de vue.

1. La vie d'Eustaclic Degola a été écrite par M. A. Do Gubernatis (Florence Barbera 1883); on trouve dans ce volume la curieuse correspondance de Degola avec les principaux constitutionnels français et on particulier un bon nombre de lettres de (irégoire.

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