‹ L'église de Paris et la revolutionChapitre 207 sur 286 · LA MADELEINE · texte numérisé non relu

LA MADELEINE

désaffectée ^ Quant à la nouvelle église, elle sortait à peine de terre*. En attendant qu'elle fut terminée, on offrit au curé de la Madeleine la belle chapelle des Haudriettes de l'Assomption, dont la maison servait de caserne à la Garde consulaire 3. Cette chapelle n'était pas immédiatement disponible : les décors de l'opéra y étaient remisés depuis qu'on les avait enlevés de l'église de l'Oratoire de la rue Saint-Honoré. 11 fallut d'interminables négociations pour trouver un nouvel abri pour tout ce matériel de théâtre et pendant ce temps, M. Costaz n'avait toujours pas d'église.

En face de l'Assomption, dans la rue Saint-Honoré, il y avait la chapelle de la Conception qui avait servi

3. Napoléon fit continuer les travaux de la nouvelle Madeleine, mais sur un autre plan : on supprima le transept qui devait lui donner la forme de croix et on en fit le bâtiment rectangulaire que nous connaissons, et qui sMnspirait de la forme des basiliques romaines. Sous l'empire, on forma le projet de transformer la future église en un temple consacré à la mémoire des militairesqui se seraient illustrés au service de la France. En i8i5, rédiiicc qui n'était pas encore arrivé aux entablements fut rendu à sa destination première, mais les travaux n'avancèrent pas ; sous Louis Philippe, le gros œuvre était terminé, mais l'aménagement intérieur restait à faire. On en était là quand mourut M. Humann, ministre des finances ; l'Assomption, paroisse provisoire, ne se prétait pas, à cause de ses dimensions trop restreintes, à la pompe de funérailles solennelles comme celles d'un ministre ; réglisp neuve fut donc ouverte le 3o avril iS/ia à l'occasion de cette cérémonie, et, une fois affectée au culte, elle fut remise au clergé do la paroisse dès le 2/4 juillet suivant (Ami de la Beligion, GXIII, 198; CXIV, 1O6). C'est le 9 octobre que la Madeleine fut consacrée par Mgr Affre.

3. La caserne établie dans les bâtiments conventuels fut démolie et c'est sur son emplacement qu'on a construit la non voile Cour des Comptes.

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d'annexé à Saint-Roch et où M. Marduel avait transporté le culte paroissial pendant la fermeture de son église qui suivit la journée du i3 vendémiaire ^ Dans le premier décret qui rétablissait les paroisses de Paris, la Conception figurait comme succursale de Saint-Roch ; on avait nommé curé M. Doremus, qui faisait partie du clergé de Saint-Roch depuis 1785 et qui n'avait interrompu son ministère que pendant le temps qu'il avait passé en prison 2. En février 1800, la chapelle de la Conception, fermée après fructidor, avait été rouverte et c'est M. Doremus que M. Marduel avait chargé de la desservir 3. Est-ce parce que M. Doremus refusait d'en être curé que la Conception ne figure plus dans la liste des paroisses établies par le second décret ? Je ne saurais le dire, mais il se peut aussi qu'on ait jugé qu'entre Saint-Roch et l'Assomption, il n'y avait pas de place pour intercaler une paroisse de plus. Enfin, dans le projet de travaux qu'on se proposait d'exécuter pour percer les rues Duphot et Richepanse, le couvent de la Conception devait être démoli et son église était condamnée à disparaître.

Provisoirement, la Conception servît à abriter le clergé de la Madeleine, en attendant qu'il pût jouir, provisoirement aussi, c'est-à-dire pendant quarante ans, de la chapelle de l'Assomption. Cette occupation temporaire de la Conception se prolongea jusqu'au

•2. Arch. \at., F'' /i6i5 et /1679.

3. Lo registre des baptêmes de la Conception, tenu par M. Doremus, commence au 5 février 1800, mais il n'> a pa» d'actes signes avant le 6 juillet i8o3.

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