I. Arch. Nat., F'^ 8702, 8 brumaire an X
SGa SAI?ÏT-LAUBEST
après fructidor ; les discordes qui s'étaient manifestées sous son remplaçant intérimaire n'étaient pas complètemont apaisées et furent probablement cause qu'au Concordat, M. Margarita ne fut pas conservé à Saint - Laurent ; on lui donna la paroisse de la Villette, où il mourut dès le mois de septembre i8o4. On ne fait pas impunément le voyage de Cayenne *.
En 1802, la cure de Saint-Laurent fut attribuée à M. Favrc, (François) né le 3o décembre 17^9 dans le diocèse de Genève etqui, de 1786 à 1791, avait été curé de la paroisse de Bonne-Nouvelle. A son retour de rémigration, il trouva son ancienne paroisse gouvernée et très bien gouveniée par M. de Cagny ; il reçut une autre destination ; installé le 8 mai à Saint-Laurent, il mourut en charge le 30 novembre 1820 *.
Sur les cinq prêtres qui furent les auxiliaires de
I. Si Margarita avait des ennemis à Saint-Laurent, il y avait aussi des amis ; sa Lettre d'adieu adressée le 3 juin au conseil de fabrique, montre que de part et d'autre, résignaient des sentiments d'affectueuse estime ; en janvier i8o3, M. Margarita habitait encore la maison curiale de Saint-Laurent, ce qui prtmve qu'il était en bons termes avec son successeur. On voyait encore, avant la séparation, un très beau buste en terre cuite de M. Margarita dans la « salie des œuvres » de Saint-Laurent.
Aussi ne puis-je que m'étonner en pensant que sur la plaque de marbre placée dans la sacristie de Saint-Jacques de la Yillette en souvenir des anciens curés de la paroisse, le nom de M. Mar garita a été omis. On a cru ainsi faire disparaître la mémoire d'un prêtre qui, je le reconnais, avait eu, comme beaucoup d'autres, la faiblesse de prêter le serment de 1791, mais qui avait réparé son erreur passagère par une rétractation éclatante, par un zèle infatigable et par les soufifrances généreusement acceptées d'un exil qui, pour plus d'un de ses compagnons, avait été l'équivalent d'une sentence de mort.
a. Ami de la Religion, XXVI, Gy.