‹ L'église de Paris et la revolutionChapitre 234 sur 286 · Ami de la Beligion, V, 'ii8; XIV. ao · texte numérisé non relu

Ami de la Beligion, V, 'ii8; XIV. ao

SÂ^INTE-ÉLISABETIl 867

un chanoine honoraire, M. J. B. Palyart, qui, pendant vingt ans, avait été curé de Villeneuve-sous-Dammartin, dans le diocèse de Meaux, et qui, rentré à Paris en 1791 sans avoir prêté serment, fut un de ces prêtres intrépides qui évangélisèrent notre ville pendant la Terreur et le Directoire^. Chef de l'oratoire de Saint- Chaumont, il était venu à Saint-Nicolas quand les oratoires avaierrt été fermés et il y avait été l'un des collaborateurs les plus actifs de M. Parent.

Sainte-Elisabeth .

Pour réduire la circonscription trop vaste de Saint- Nicolas-des-Ghamps, une succursale avait été créée pourle quartier du Temple; l'église du Temple, dédiée à la Sainte-Vierge, était désafiTectée et condamnée à une destruction prochaine ; la nouvelle paroisse fut placée dans l'église de Sainte-Elisabeth, ancienne chapelle des religieuses franciscaines.

1. Eglise de Paris, lï, 337. — J'ai commis à propos de M. Palyart plusieurs erreurs : je l'ai donné comme génovéfain, et, après avoir compulsé la liste des chanoines réguliers de Sainte-Geneviève, qui est conservée à la Bibliothèque Sainte-Geneviève (Ms. 685), j'ai pu m'assurer qu'il n'appartenait pas à cette congrégation ; au t. 11, je l'ai appelé Pallyart, au lieu de Palyart. Au t. 111, j'ai dit qu'il avait été curé de Villeneuve-sous-Dampierre et il figure au registre capitulaire de Notre-Dame comme ancien curé de Villeneuve-sous-Dammartin; on l'a quelquefois confondu avec son quasi-homonyme Paillart (Nicolas) qui fut, lui aussi, chanoine honoraire de Paris, et qui avait été professeur au collège de Navarre et syndic de la Faculté de Théologie {Ami de la ReUjion, XVII, la.

368 SAl!<TE-éLISABETH

Le curé qui fui nommé, M. Marc-An toîne de Plaimpoint, était un ancien constitutionnel de Seine-el-Oise, dont la conduite en 1798 avait été rien moins qu'édifiante, mais qui depuis 1795 s était pleinement repenti et avait été réconcilié ^ .

Quand M. de Plaimpoint voulut prendre possession de son église, il la trouva fermée : depuis bientôt dix ans, la Municipalité en avait fait un magasin de farines et ne paraissait pas disposé à s'en dessaisir. Après de longues négociations, M. de Plaimpoint put se faire installer, ainsi qu'il résulte d'une note inscrite à la première page du registre des baptêmes ; elle est ainsi conçue : « Du 3o août i8o3, le premier desservant a « été reçu la veille dans une chapelle, provisoire « ouverte ad hoc, l'église rue du Temple étant occupée « par des farines ». La chapelle ad hoc était une des salles du Temple située vis-à-vis de l'église et qui avait servi de corps de garde quand le Temple était devenu une prison. Peu après, M. de Plaimpoint loua cinq arcades de la Cour de la Rotonde et les disposa en oratoire provisoire 2, en attendant que les farines fussent transportées ailleurs, c'est-à-dire seulement le 28 avril 1809.

Quand M. de Plaimpoint mourut, le 22 décembre 181 2, il avait plus de 80 ans.

Le service religieux de Sainte-Elisabeth étant forcément réduit à peu de chose, M. de Plaimpoint n'avait qu'un seul vicaire : Antoine Noyel, ancien religieux

1. Eglise de Paris, t. ÏI, 388 et plus haut p. 3aC. a. Grente, op. cit., 3i5.

du Tieis-Ordre de Saîotr-Fnmçois», qui avait élé vicaire

constilutibaDel à Saint- Ambroise et resta en fcHictiona k Sainfce)-£lisabeth ÎQsqcb'en 1S17.

Saint'Le&.

L'église de Saint-Leiii avait passé depiiis dix ans par bien des péripéties. Fermée en 1793, elle arail été rouverte en 1797^ par Tabbé Jean Morel^ vicaire de la paroisse, rétracté en 1795*. M. Morel avait racbeté FégMse, mais ia vente était devenue caduque et l'église avait été désalTectée. Quand la paroisse fut rétablie en 1801, la Préfecture se trouva en face de propriétaires peu accommodants et ne parut pas disposée à payer un gros loyer pour une église dont le territoire, était des plus restreints. Au mois d'octobre i8oa^ M. Morel découragé donna sa démission sans avoir pu prendre possession et le 18 février i8o3 fut installé à sa place l'abbé Qaude-lgnace Laurent. Cet abbé Laurent es>| celui dont nous avons parlé à propos d'un livre qu'il avait publié en 1789 et dans lequel il émettait des idées au moins singulières^. Qu'il eût refusé ou qu'il eut rétracté le serment, auquel il était tenu comme curé de Frétigny. dans le diocèse de Chartres, il se trouve à Paris en 1 79a,. cherchant à se soustraire à une arrestation imminente; le danger augmente chaque jour pour lui : ses meilleurs amis lui refusent Tbospitalité ; caché au coU^e de Navarre, il est découvert.

T. rbid., I, Gi^-yi.

Page 1