Arch. Nal., F^ ^71 a
a. Annales de la Beligion, X, 281-282.
38o SAWT-JE\N-SA.l?CT-FR\NÇOIS
Sain l' Jean-Sain t-François .
Les prêtres de Saint-Jean en Grève, chassés de leur église pour refus de serment, s'étaient établis en 1796 dans la chapelle des Billettes, puis l'année suivante dans l'église des Blancs-Manteaux. Le 20 mai 1798, tous les oratoires avaient été fermés et ils n'avaient pu rouvrir une chapelle publique que le 20 décembre 1799.
Enfin, le 23 mars 1800, MM. Mathieu et Morzières, associés à un ancien religieux feuillant, M. Denis, avaient réussi à devenir adjudicataires de l'église des Capucins du Marais, dont les Constitutionnels avaient fait une paroisse placée sous l'invocation de Saint-François d'Assise.
L'ancien curé assermenté André Sibire, dont nous avons déjà eu souvent l'occasion de parler \ se trouvant dans l'impossibilité de payer le loyer réclamé par le propriétaire de l'église, avait dû se retirer dans un local voisin 2. On conserve les registres baptismaux qu'il a tenus depuis cette époque et qui montrent le peu de crédit dont jouissait alors l'église constitutionnelle. En 1800, il baptisa 22 enfants, 21 en 1801, 5 en 1802, 5 en i8o3 elle dernier acte est du i"juin. On voit par là ce qu'il faut penser des réclamations indignées de MM. Sibire et autres quand ils disaient, en 180 a, que tout ministère leur était interdit ; bien que le Concor-
1. Eglise de PariSy Hl, 372-873 et plus haut p. 828, ■Jt. Registre du Presbytère, 32 avril j8oc.
SAINT-JEA.N-SAI-XT-FR.\^ÇOIS 38 1
dat fût conclu, public et appliqué, liberté lui était laissée de garder ouverte une chapelle, d'y recevoir ses partisans et s'ils n'étaient pas plus nombreux, ce n'était qu'à lui-même qu'il devait s'en prendre; la presque totalité du quartier lui avait échappé parce qu*on en avait assez de son culte schisniatique.
Quand l'église des Capucins devint église paroissiale en 1802, elle reçut le nom de Saint-Jean-Saint-François, pour rappeler à la fois qu'elle avait été construite par les Franciscains et qu'elle servait de refuge au clergé de Saint-Jean-en-Grève.
Le curé nommé au Concordat fut. M. Pierfe Greuzard, né le 36 août 1739, à Châlons-sur-Marne, et qui, en 1793, avait été déporté à Gand comme prêtre insermenté de Saint-Jean-en-Grève. Il mourut le i*' septembre 1804 et fut remplacé par M. Cantuel de Blémur, ancien curé de Sain t-Sé vérin, qui revenait d'Angleterre et qui mourut le 18 janvier 181 3.
MM, Mathieu et Morzières furent premier et second vicaires, l'un jusqu'à sa mort (1830), l'autre, M. Morzières, devenu premier vicaire en 1820, à la mort de son confrère, fut nommé le 35 novembre 1836 chanoine de Notre-Dame. C'était une récompense un peu tardive pour des services exceptionnels : pendant la Terreur, M. Morzières, caché dans la maison paternelle, rue de la Montagne du Panthéon (avant et après : rue de la Montagne Sainte-Geneviève), méprisa tous les dangers pour se dévouer aux personnes pieuses qui lui demandaient les secours de la religion. Mgr de Maillé habita quelque temps chez lui et y fit au moins une ordination. A Notre-Dame, M. Morzières ne tarda pas