Annales Catholiques, IV
i. Vandal, op. cit., I, ^176.
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n'avaient pa» rfîsptfm ; ks meneur» ^'agfiCakût et savaient (jft'au premier »igne ks bande» se reforme»raient à leur appel. Ah 1 si en ce momefit le Prétendant avait débar(jué ! si, àdéfauf <f un vaisseau anglais- pour le transix)rler, il avait sauté dans une barque et s'était présenté à ses parfîsan#< le drapeau blanc n'aurait pas tardé à être déployé suf tous les clocbefs de France I Le général Bonaparte le servait bien luî-itiême et peutêtre aurait-il mis soft épée au service de la cause royale s'il l'avait vue mietfx dirigée, rttaisFapalbie, les divisions, les hésitations du parti de îa monarchie firent plus pour le succès de ses adversaires que tous les efforts d'un gouverûenïent qui était obligé de louvoyer pour ne pas se perdre.
Le Premier Consul était pris entre deux feux : les concessions qu'il faisait d'un cofé lui étaient amèrement reprochées de l'autre; l'insurrection royaliste ou insurrection parlementaire, tels étaient les termes^ du dilemme et il devait choisir. Sans doute, il n'eût pas été impossible de faire un nouveau i8 brumaire et de se débarrasser de la clique de gêneurs qui paralysait sonactioft, mais croyait-il désarmerr ainsi les opposants de droite ? Que n'aurait*on pas encore exigé de lui ? Des réparations ne suffisaient plus ; il aurait fallu des représailles en atfendant qu'on l'obligeât k ramener le Roi. Au contraire, en flattant les parlementaires, et en réprimant durement les menées des royalistes, il assurait la paix matérielle ; le jour où il se croirait assez fort pour mettre dehors quelques douzaines de bavards, la besogne serait vite expédiée. Il se résolut donc à
SATISPACTÏOWS BOllWÉB» AUX JACOBINS 4l
stibiF le» préfentiofis démagogique»... maiis pas poar longtemps.
On avait rapidement voté les lois fondamentales qui réorganisaient la justice et l'administpatton. Ce fut une occasion de caser tons les révolutionnaires qui se ralliaient au nouvel ordre de choses ; de^jacobins apprivoisés, quelques terroristes, pa^ mal de prêtres apostats reçurent des places dans la magistrature et dans les bureaux *. Pour le choix des préfets qui allaient gotiverncr ïe» départements, le Premier Consul montra un certain éclectisme, faisant appel à tous les dévouements et h toutes les capacités, sans trop regarder aux antécédents ; il se glissa cependant dans le corps préfectoral quelques révolutionnaires incomplifetement assagis : Charles Delacroix, l'ancien ministre des Relations-Extérieures du Directoire, se signala à Marseille par de telles énormités qu'il fallut le remplacer ; à Toulouse*, à Arras, les préfets restaient
1 . Parmi les préfets nommés éti i Soo, j'si relevé le nom de {plusieurs ecclésiastique» ayant abandonné leur état : Joubert, ancien évoque constitutionnel de la Charente, fut quoique temps préfet du Nord ; BalUy, ancien oratorien, préfet du Lot ; Bernard Lanne». frère du général, préfet de Tarbes ; Caffarelli, ex.-prélre, frère, lui aussi, d'un général, et bientôt d'un évêque, préfet de Privas ; d'Authier. ancien chanoine du Puy, sous-préfet d'Yssingeaux ; Bourdon, ancien constituant, sous-préfet de Boussac ; Pesme-Laurenceatix^ sou»-préfet de Pontarlier ; Legrand, ex*bénédictin sous-préfot d'Yvetot. (Aulard, Étal de la France en Van VIII et Van IX, pass.).
2. Le préfet de Toulouse, Tancion conventionnel Richard, fut d'abord très hostile aux catholiques ; puis il devint tellement bienveillant qu'il fonda une bourse au séminaire. (Contrasty, Le mouvement religieux dans la Haute-Garonne iOi\$ le Consulat).
^2 MALYEILLANCE DE FOUGHÉ
lidèles à l'esprit jacobin. A Paris, le pouvoir était partagé entre le Préfet de la Seine Frochot et le Préfet de Police Dubois, l'un et l'autre dégagés de toute préoccupation confessionnelle.
Au-dessus d'eux était le Ministre de la Police Générale, le terrible Fouché, qui, en échange de services qui faisaient de lui l'homme indispensable, avait été implicitement autorisé à continuer en matière reli- ;gieuse les pratiques de la police du Directoire. En une circonstance même, il alla si loin qu'il fallut l'arrêter : chargé de recevoir la promesse de fidélité à la Constitution que tout prêtre devait faire avant d'être admis à exercer publiquement, Fouché feignit de croire que cette promesse ne pouvait être reçue que de ceux qui avaient prêté tous les serments antérieurs; d'après lui, la promesse n'était pas substituée aux anciens serments mais leur était superposée. L'effet de cette prétention insoutenable était de n'admettre au ministère extérieur que les ci-devant constitutionnels. Le Premier Consul intervint en personne pour empê- •cher qu'une mesure de pacification dégénérât en instrument d'oppression. Fouché ne pouvait que s'incliner : il envoya aux préfets, le 26 prairial, une circulaire rectificative ^ mais il exhala son dépit dans un rapport du lendemain : « La religion ancienne reprend « tout l'empire qu'elle avait avant la Révolution. Le ■(( Gouvernement n'y met aucun obstacle, la cônstitu- (( tion ayant admis la liberté des cultes, mais l'intolé- <( rance se joint à la domination et au désir de