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LES DEUX OPPOSITIONS

les Consuls ne se gênaient pas pour désavouer ouvertement la persécution. « Aucun homme, disaient-ils, « ne peut dire à un autre homme : Tu exerceras un tel « culte, mais tu ne l'exerceras qu'un tel jour » ^ Ceci eût été fort bien si la liberté n'eût été proclamée que dans l'Ouest : il y avait là des populations frémissantes que travaillait une nuée d'agents du Prétendant. Ailleurs rien ou presque rien n'était changé : ici, les prêtres insermentés étaient encore retenus en prison ; là^ les tribunaux prononçaient des condamnations pour violation d'une loi qui était virtuellement abolie ; les cloches étaient muettes, ou bien si elles sonnaient, c'était par suite d'une tolérance et parce que les moyens manquaient pour les forcer à se taire 2.

En dépit de ces restrictions apportées à la liberté, le parti antireligieux s'indignait, dénonçait les faiblesses du gouvernement ; il l'accusait de se laisser asservir par la superstition et de travailler au rétablissement du catholicisme comme religion dominante. Les Consuls étaient donc obligés le plus souvent de s'en tenir aux demi-mesures. Or, ces demi-mesures faisaient le jeu des royalistes 3. Surpris un moment et comme déroutés quand avait pris fin le régime des abus contre lequel ils avaient combattu, ils voyaient avec joie que des causes de mécontentement subsistaient et ils s'étaient mis résolument à les exploiter. La pacification de l'Ouest n'était qu'apparente ; les dépôts d'armes

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