Journal des Hommes Libres^ 29 thermidor an VIII
44 MALVEILLANCE DE FOfJCHÉ
La question du décadi demeurait irritante et des fonctionnaires malveillants Texploitaient pour créer aux prêtres des difiQcultés toujours renaissantes. Deux arrêtés consulaires du 7 thermidor essayèient de faire disparaître ce prétexte à vexations. D'une part, la célébrartion des mariages cessa d*étre liée aux offices burlesques et inconvenants du culte décadaire, d'autre part, il fut décidé que l'observation du calendrier républicain ne serait plus obligatoire, sinon pour les fonctionnaires « salariés par l'État ». Le Préfet Dubois s'appliqua à montrer ce que ces mesures avaient de dangereux : « Hier, dimanche, toutes les églises ont « été remplies, beaucoup plus qu'on ne l'avait remar- (( que depuis longtemps. Dans toutes, il y a eu des i( quêtes abondantes pour les ministres du culte * ». Fouché, le 20 thermidor, reprend la même antienne : « Les prêtres intriguent pour que le dimanche et les « fêtes soient fériés, la décade négligée. On emploie les (( moyens les plus actifs pour engager les marchands « à reprendre cet ancien usage. Us répandent que le « Gouvernement sent le besoin d'une religion, qu'il « n'est aucun état policé qui n'ait la sienne, qu'on ne « peut en France en avoir que celle catholique, et que <( le Gouvernement en est convaincu, persuadé que « l'ordre et la paix intérieure ne s'y rétabliront que par « le secours de la religion ^ ». Enfin, le 1 4 fructidor, le Préfet de la Seine tire de l'arrêté de liberté des conséquences imprévues ; il écrit au président du Jury des