Arch. Nat., F
2. Abrégé de la vie de N. T. R. Mère Tliérese-Françoise-Camille de l'Enfant- Jésus,... Paris, 18/19, P- 88 et 89.
SAINT-SÉVERIN /43r
leurs amis cherchaient à les présenter comme des justes indignement persécutés et nous savons cependant de quels ménagements on usa à leur égard.
Bien que la loi fut formelle et interdit tout oratoire particulier, Brugière et Sibire pouvaient continuer à réunir leurs petits troupeaux, l'un à la Visitation, l'autre aux Capucins et on laissa leurs communautés s'éteindre toutes seules, alors que des vexations inutiles eussent pu leur rendre quelque reste de vitalité. Mahieu et Glausse étaient pourvus d'aumôneries importantes ; Augustin Bîiilliet, qui s'était montré fort médiocre à Saint-Médard, n'était pas un candidat sortable pour un poste demandant un peu de talent.
Restait le clergé de Saint-Étienne-du-Mont qui, jusqu'à la fin, avait donné, tout en persévérant dans le schisme, le spectacle d'un groupe homogène, actif et régulier. S'il était possible de tenter une expérience en confiant une paroisse à des prêtres d'origine constitutionnelle, c'était bien avec ceux de Saint-Étienne qu'il y avait quelque chance de réussir. On se contenta de les déplacer pour sauver les principes et Paul Baillet fut désigné par le décret de mai pour diriger la paroisse de Saint-Séverin, qui venait d'être rétablie.
En 1793, l'administration s'était emparée de cette église qui, depuis lors, servait de magasin militaire. Elle fut mise sans délai à la disposition du nouveau curé, alors qu'ailleurs, comme à Sainl-Denis-du-Saint- Sacrement, aux Petits-Pères ou à Sainte-Elisabeth, il fallut batailler pendant de longues années avant de recouvrer la jouissance des édifices toujours promis et jamais restitués. 11 est permis de penser que les cons-