SAINT-NICOLAS-DU-CHA.RDONNET
Ses anciens paroissiens purent le voir encore pendant quelques années assister aux offices dominicaux ; puis, atteint de paralysie, il fut privé du bonheur de dire la messe mais il se traînait vers la sainte table pour y recevoir la communion parmi les fidèles. Le 8 mars 1819, il était assis près de sa cheminée quandlc feu prit à ses vêtements ; il fut si gravement brûléqu'il succomba quelques heures après.
Le premier \icaire de Saint-Nicolas était en 1802 M. Jérôme-Vincent Grinne, ancien aumônier à Saint- Mandé, émigré en 1791. Les privations et les souffrances de l'exil avaient profondément altéré sa santé et dès i8o5» il dut renoncer à un ministère trop lourd pour lui. 11 se retira sur la paroisse de Saint-Louis-enrile avec son frère aîné, ancien principal du collège de Vannes. Pendant les premières années, ils purent rendre encore quelques services comme prêU'es habitués, mais Jérôme finit par être absolument impotent et il mourut en 1824 à 78 ans, dans une profonde indigence. Son frère lui survécut jusqu'en 1828 et atteignit rage de 85 ans ^.
En remplacement de M. Grinne, M. Hure prit pour premier vicaire M. Pierre-Cyprien Lemonnier, ancien vicaire assermenté de Saint-Germain-l'Auxerrois, qui, rétracté en 1796, faisait partie du clergé de Saint- Nicolas depuis cette époque.
Quatre prêtres complétaient le clergé de la paroisse, notablement diminuée depuis la circonscription
i. Ami de la Religion, XL, i5/j. — Arch. Nat., F*^ n/|3, iifid^ Il 61, 1193, 1206.
44a SAINT-MÉDARD
de 1802 par l'extension donnée à la paroisse de SaintxMédard.
Saint-Médard.
A Saint-Médard, la transition entre les constitutionnels fut facile : M. Bailliet, le curé assermenté, avait senti sa paroisse lui fondre dans les mains et le décret de 1802 ne fit que consacrer une situation de fait en donnant à M. Bertier le titre de curé dont il avait déjà la charge effective depuis qu'il avait ouvert l'oratoire de Saint-Marcel.
Il semble que M. Bertier se soit installé lui-même et sans grande cérémonie. Voici en effet ce qu'on lit au registre des baptêmes : « Le 21 mai 1802, d'après les provisions qui m'en ont été données par M. J.-B. de Bclloy, archevêque de Paris, j'ai pris les fonctions de desservant de la succursale de Saint-Médard ».
La paroisse était immense, mais la population était fort peu religieuse ; c'étaient des ouvriers de la plus basse condition et les scandales donnés en 1798 par le clergé constitutionnel avaient fait beaucoup de mal; plusieurs des apostats habitaient encore le quartier et perpétuaient le souvemr des tristes jours où les ministres du sanctuaire avaient déserté leur poste.
M. Bertier mourut à la peine en 1810.
Son unique vicaire, M. Dumesnil, se découragea et, en 1804, passa dans le diocèse de Versailles ; il fut curé d'EtioUes pendant onze ans. 11 eut pour successeur M. Foulon qui, en 1790, était chapelain de la Salpétrière et qui travailla dix-huit ans dans la paroisse
SALNT-JAGQUES 4^3
avec plus de constance que de succès. Les autres collaborateurs ne font que paraître et disparaître, rebutés par un ministère stérile. On comprendra que la Sœur Rosalie, quand elle voulut se consacrer à la paroisse la plus déshéritée de Paris, ait choisi le terrible faubourg Saint-Marceau.
Un siècle s'est écoulé et le clergé actuel de Saint- Médard récolte maintenant la moisson qui a coûté tant de fatigues et de larmes à ses devanciers.
Saint-Jacques-da- Haut-Pas.
Quand le culte fut régulièrement restauré à Saint- Médard et à Saint-Étienne-du-Mont, le travail, comme je Tait dit plus haut, se trouva singulièrement réduit à Saint-Jacques.
Il était temps, car le clergé groupé autour de M. Duval n'y eut pas suflî longtemps. M. Potier, premier vicaire, qui avait 77 ans, se retira ; M. Duval, qui en avait 80, essaya de continuer, mais au bout de trois ans ses forces le trahirent; une longue captivité avait achevé d'user sa vigoureuse constitution ; il donna sa démission et alla mourir sur la paroisse de Saint- Médard en 1807. Le P. Candide Bliche avait été poîarvu d'une aumônerie, le P. Loyal était retourné en province ; seul l'ancien minime Bonaventure Girard, tout malade qu'il fût, resta à son poste jusqu'en 1807 et mourut.
Comme nouveau coopérateur, M. Duval n'avait reçu que M. Baucheron, vicaireinsermentédeSaint-Jacquesla-Boucherie, qui à son retour d'Angleterre en i8o3.
444 SAÎXT-JACQUES
lui fut envoyé pour combler les vides que faisait la mort ; il resta 22 ans premier vicaire de la paroisse.
Quand M. Logros, vicaire de Saint-Louis-en-l'Ile, fut nommé à Saint-Jacques en i8o5, c'est avec ce personnel insuffisant qu'il dut entreprendre la restauration des traditions catholiques dans une paroisse qu'il trouvait à peu près désorganisée.
On le voit : l'œuvre de la reconstitution du culte catholique à Paris en 1803 était laborieuse; pour la mener à bonne fin, les éléments manquaient. 11 ne restait phis qu'un clergé décimé par l'exil, les maladies, les privations, la vieillesse, les massacres, la guillotine et aussi par d'attristantes défections. Suffirait-il à l'énorme tâche qui lui incombait, alors que les sources normales de son recrutement semblaient taries?
Tous se mirent résolument à l'œuvre. Dans un mouvement héroïque, ces vieillards et ces infirmes se raidirent contre l'âge et contre la souffrance, afin de conserver les positions qu'ils avaient à défendre jusqu'au jour où l'arrivée déjeunes recrues leur permettrait de mourir en paix. Et ce sera l'histoire glorieuse de l'Église de Paris pendant le premier quart du XIX* siècle.
CITES DAIS S CE VOLUME
Abeil, prêtre de Saint-Sulplce, puis archiprétre de Notre- Dame, 627-/428.
Abri AL, ministre de la Justice, 3i2-3i3.
Abri AL (Barth.)* vicaire général de Paris, 3i2-3i6.
AcHARD (J.-B.), secrétaire de rArchevèché, 3i5.
Alba?(i, cardinal, 127.
Albert, administrateur temporel de Saint - Thomas d'Aquin, /m, /ii3.
Alciati (com.e), neveu du cardinal Marttniana, G9.
Arnavon, chanoine de Noire- Dame, 3i8, 304.
AssELiN, év. const. du Pas-de- Calais, 199 n.
AsTROs (d'), chanoine et vicaire général de Paris, puis évéque et cardinal, 3i8-33o.
Aubert, év. const. des Bouchcsdu-Rhône, 180, 297 n.
Albert (Nie), prêtre de Saint- Roch, 363.
AuBRY, év. const. de la Meuse, 299 n:
AuTHiER (d'), chanoine du Puy, puis sous-préfet, 61 n.
AuTiCHAMP (d'), chanoine de Notre-Dame, guillotiné, 3iG.
A\'iAU DE Sanzay (d'), archevêque de Vienne, puis de Bedeaux, 220, 360.
Avoine, év. const. de Seine-et- Oise, 279 n.
Badin, curé de Picrrefitte, 633.
Baillet (Paul), curé const. de Saint-Étienne-du-Mont« puis curé de Saint-Séverin, 176 n., 179, 376-327,379, 632-636.
Bailliet (Augustin), curé const.
de Saint-Médard, 26f 327, 63i, 633, 662.
Baron, aumônier de l'hôpital Beaujon, 3 60.
Barral (de), évéque de Troycs, p»iis de Meaux et de Tours, 20 11., '^27 n.
Barras, directeur, iG-17.
BASTior (Yves), génovéfain, 639.
Balcheron, vicaire de Saint- Jacques-du-Haut-Pas, 663.
Balsset (de), évéque d'Alais, J25 n., 236 n.
BÉCHEREL, év. const. de la Manche, puis de Valence, 280, 297, 298 n.
BÉGLiNOT, vieairedeSaint-Côme, administrateur de Saint -Laurent, puis curé d'Arpajon, 3Gi.
Belloy (de), évoque de Marseille, puis archevêque de Paris, I20 n., a25 n., 333 n., 375-276, 3ii, 3i4-3i5, 3i8-3ig, 321, 3^2, 3/ir), 398, 433, /i/|2.
Belmas, év const. de l'Aude, puis de Cambrai, 177 n., 380, 298 n.
BÉ>iÈRE, curé const. de Chaillot, l^utllotiné, 1G8.
Berdolet, év. const. du Haut- Rhin, puis d'Aix-la-Chapelle, 380, 297, 298 n.
Ber(;a>cini, prêtre de Casa], 180-181.
Bermer, négociateur du Concordat, puis évoque d'Orléans, Î09-11/J, 118-119, 126 137, i3oi33, i36-i37, 139-1/ii, 197-198,