Ami de la Beligion^ WVIH
SAINT-ETIENNE-DU-MO?ÏT ^Sg
pierre, qui avait échappé aux profanations mais que la dévotion des fidèles menaçait d'une destruction prochaine ; chaque jour les pèlerins en faisaient sauter des fragments qu'ils conservaient avec vénération. Avant de transporterie tombeau dans l'église de Saint- Étienne, il fut procédé à une enquête canonique dont les procès- verbaux, datés du 20 décembre i8o3, ont été conservés *. On y voit avec la signature de M. de Voisins, de Dom Rousselet et M. Buée, secrétaire de l'archevêché, les noms de MM. Gallevier de Monlmarthin, Bastiou, Champion, Bizet, Fremyn et Vialon, anciens religieux de Sainte-Geneviève 2.
1. Faiidet Notice historique sur la paroissa de Saint-Etienne-du- Mont. Paris, i8/io.
a. M. GaUevier de Montmartiiin, né à Rennes on 1737, avait passe toute la durée de la Révolution à Paris ; arrêté plusieurs fois, îl avait échappé à la mort, et, depuis 1800, il était aumônier du Prytanée (Lycée Louis-le-Grand). Les relations d'amitié qu'il avait dans le monde de l'Université lui permirent de ramener dans le droit chemin un grand nomhre do prêtres qui en faisaient partie, notamment Champagne, proviseur du Prytanée, Cournand, professeur au Collège de France et Dumouchel, l'ancien recteur devenu évéqiie constitutionnel, qui lit par son intermédiaire une. tentative de soumission qui n'eut pas de suites. — Bastiou (Yves) n'était entré à Sainte Geneviève qu'en 1788 ; âgé de 30 ans, il était auparavant vicaire général de Tréguicr. il avait été nommé maître des Novices le lendemain de sa profession, ce qui donne à penser que la Société des Génovéfains, qui comptait près de mille membres, n'était pas très riche en sujets d'élite (D'autres indices corroborent cette supposition). M. Bastiou succéda à M. de Montmartiiin au Lycée impérial (Louis-le-Grand) et en 181G, il fut nommé aumônier de l'Ecole Normale. — Champion (J.-B.), né à Vertus (Marne) en 1762, avait été prieur de Saint-Acheul. — Vialon (J. M.) que la Révolution avait conservé à Sainte-Geneviève comme bibliothécaire, ainsi que ses confrères Mongez, Ventenat et Pingre, avait accepté, bien que sécularisé, de donner son témoignago
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Sain t'Nicolas-da-Chardonnet.
L'église de Saiiit-Nicolas-du-Chardonnet fut rouverte en 1796 et de nouveau fermée en 1798 : elle fut rendue au culte après le 18 brumaire et le décret d'avril 1802 conserva M. Hure à la tête de la paroisse qu'il gouvernait en fait depuis six ans. Le zèle, la bonté et la prudence de M. Hure étaient hautement appréciés par l'archevêché et il fut l'un des prêtres auxquels on renvoyait les ecclésiastiques repentants qui sollicitaient leur réconciliation; il les interrogeait, leur faisait sentir l'énormité de leurs péchés et quand il les jugeait suffisamment disposés, il usait des pouvoirs très étendus qu'il avait reçus à cet efTet ; quand il s'agissait de malheureux qui avaient eu la faiblesse de se marier, il adressait en leur nom au cardinal-légat une supplique à laquelle il était toujours répondu avec bienveillance et le plus souvent d'une manière favorable.
En 1810, M. Hure avait 72 ans ; il s'était dépensé jusqu'à l'extrême limite de ses forces ; il donna alors sa démission et reçut le titre de chanoine honoraire ; il fut l'objet d'une autorisation tout à fait exceptionnelle : d'accord avec le Chapitre, l'archevêque lui donna la permission de porter son costume canonial dans son ancienne église paroissiale ; c'était en'dehors de tous les usages et jusque-là le costume de chanoine ne pouvait être porté que dans la cathédrale.
dans cette enquête ; il voulait montrer sa reconnaissance à la Congrégation dont il avait été un des membres les plus connus, pour son savoir presque encyclopédique.