LE COLLÈGE DE NAVARRE
le rouvrir, et, renonçant aux errements qui avaient un moment prévalu dans les « Écoles centrales », ils annoncèrent dans un « Avis aux pères de famille » ce qu'ils pensaient en fait de méthodes pédagogiques ; « L'expérience a démontré que l'ancien mode d'ensei- (( gnement était encore le meilleur. Ce ne sont pas des « cours qu'il faut à la jeunesse, mais des classes,.. (( mais il ne suffit pas pour les pères de famille qui « désirent dans leurs enfants quelque chose de plus (( que la science. L'étal déplorable de l'éducation n'a (( pas permis de se borner aux chaires ordinaires. A « côté de l'ignorance et du vandalisme s'est introduite « l'épidémie la plus funeste : une démoralisation « générale. Cette contagion dont l'enfance même est « universellement atteinte doit son origine, il faut « avoir le courage de le dire, à l'absence de la Religion. « Rien de plus urgent que de l'arrêter. La principale « classe du collège et du pensionnat sera donc consa- ({ crée aux développements des principes religieux et « de la morale dont ils sont la base. Deux professeurs « se partageront cet honorable enseignement ^. »
Le 2 messidor, un rapport de police signalait les principes subversifs contenus dans ce programme ; il soulignait l'intention manifeste de rétablir une religion dominante et intolérante ; on faisait remarquer que parmi les noms des futurs professeurs on trouvait celui de l'abbé Sicard 2. Après un second rapport, du
1. Ce prospectus, publié par le Journal des Hommes Libres du 23 messidor an VIH, a été reproduit par M. Aulard, dans son ouvrage Paris sous le Consulat (I, 5o6-5o7).