Vandal, op. cit., lï, /j/io-44i
<3a « TE DEUM )) A PARIS
L'enthousiasme fut indescriptible. Jamais en FVancc la nouvelle d'une victoire n'est reçue froidement ; elle a la vertu d'amener une réconciliation (passagère, . h^las !) entre les partis, et, pour quelques heures au moins, tous les cœurs frémissent dans un sentiment commun de fierté ; ils se dilatent pour respirer les iînivranls parfums de la Gloire I
Après Marengo, cette joie fut doublée par le sentiment qu'on échappait à une crise douloureuse, san- :glante, peut-être. La France avait été à la veille de retomber dans les convulsions révolutionnaires et maintenant, c'était la sécurité : le cauchemar était dissipé.
Dès le soir du 3 messidor, le curé de Saint-Gervais avait improvisé un Te Deum, qui fut chanté au milieu d'une affluence énorme* et Royer annonça un service d'action de grâces qui serait célébré à Notre-Dame le 134 juin (5 messidor) et dans toutes les églises de Paris, le dimanche 10(29 j^^'^)-
Royer venait précisément d'avoir maille à partir avec la police. Dans le rapport du 3 messidor 2, le Préfet •de Police l'accusait « de monter les têtes » et de faire du fanatisme; il avait dit : « Nous ne sommes pas à la « fin de nos maux ! Et quel bonheur pourrait espérer (( une nation qui ne répare pas d'une manière authen- « tique les outrages dont elle s'est rendue cou- « pable » 3 ! Il avait été mandé à la Préfecture pour y ^tre admonesté. Mais le même jour, l'effet lénifiant