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Non, car le général Bonaparte avait en effel, des cette époque, entamé des pourparlers avec Rome pour mettre fin à la crise religieuse.
Au moment où se livrait la bataille de Marengo, Pie Vil était en route pour rentrer dans ses états. Embarqué le 6 juin à Venise, il avait été entraîné par une tempête jusque sur la côte d'istrie et c'est seulement le 17 qu'il avait réussi à prendre terre à Pesaro. Le 24 juin, les Napolitains avaient remis le Gouvernement civil de Rome aux fonctionnaires pontificaux, tout en y maintenant une petite garnison et le 3 juillet 1800, le Pape faisait son entrée dans sa capitale*.
C'est chemin faisant qu'il avait appris la bataille du i4 et l'armistice qui l'avait suivie; de son côté le général Bonaparte savait que Pie Vil allait reprendre possession de sa souveraineté temporelle; il n'avait plus devant lui un pontife errant, hôte plusou moins volontaire d'un pouvoir étranger, mais un prince qui, par un acte énergique, avait répudié la tutelledes Autrichiens et repris son indépendance en dépit des obstacles qu'une diplomatie cauteleuse avait mis à son départ. Pie Vil était maintenant roi dans sa capitale et le moment
I. Dans ce chapitre et dans ceux qui suivront, j'aurai très fréquemment à renvoyer le lecteur au recueil, capital en la matière, que M. le C** Boulay de la Meurthe a puMié sous le titre de Documents sur la négociation du Concordat entre la France et le Saint-Siège (1800-1801). Il se compose de cinq volumes parus entre 1891 et 1897 et d'un tome supplémentaire publié en 1905.
Toutes les fois que je citerai cet ouvrage, je le désignerai seulement par la lettre B.
B. I, i5 n., 17 n., i8 n., voir aussi Annales Catholiques, V, 96-109 ; 375-377.
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était venu d'ouvrir avec lui la négociation dont le plan mûrissait depuis longtemps dans l'esprit du Premier Consul.
Le 3 juillet, en rentrant à Rome, le Pape avait trouvé un courrier porteur d'une dépêche de la plus haute importance. Le courrier était le comte Alciati, neveu du cardinal Martiniana, évéque de Yerceil; la dépèche contenait les propositions du Premier Consul. En regagnant la France, Bonaparte s'était arrêté quelques heures, le 26 juin, près du cardinal qu'il connaissait et estimait de longue date, et que pour cela il avait choisi pour être son intermédiaire.
Voici en résumé toute la substance de ces propositions * : l'épiscopat français devait être entièrement renouvelé; les évêques émigrés se sont rendus impossibles et des constitutionnels, il ne peut être question ; les nouveaux évêques seront nommés par le Gouvernenement français et seront institués par le Pape ; l'aliénation des biens ecclésiastiques sera ratifiée par Rome et le Gouvernement français assurera un traitement convenable aux évêques nouvellement élus ; les circonscriptions diocésaines seront remaniées et devront être considérablement réduites.
1. La lettre du Cardinal Martiniana a été imprimée pour la première fois dans son texte intégral par le P. Riiùeri, S. J., dan» son ouvrafifc intitulé: La diplomatie pontificale au XIX' siècle. Le Concordai entre Pie VII et le Premier Consul (pp. 16-18 de la traduction française par Tabbé Verdier).
M. Boulay de la Meurthc en avait donné des extraits dans le tome I de sa collection (p. 35) ; depuis, il en a retrouvé le texte complet aux Archives Vaticanes et Ta publié à la pag^e 696 de son tome V (1897).
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Le contenu de cette lettre était exact sauf sur un point : Bonaparte n'avait pas prononcé les paroles que l'évêque lui prétait concernant les intrus. Le cardinal avait plaidé en faveur des évêques émigrés, et, pensant qu'il ne gagnerait pas sa cause, avait demandé comme compensation l'exclusion des conventionnels ; il était vrai que Bonaparte la lui avait promise, mais il ne l'avait pas offerte ^
Les articles communiqués par le cardinal Martiniana furent reçus avec une satisfaction facile à comprendre : depuis plus de dix ans que les relations étaient rompues entre la France et l'Église 2. on en venait enfin à chercher les bases d'un accommodement. Ces bases, sans doute, étaient inacceptables pour la plupart : le Pape ne se croyait pas autorisé, par exemple, à anéantir d'un trait de plume le corps épiscopal de France ; il lui paraissait évident qu'on n'aurait pas de peine à le faire comprendre aux négociateurs français ; ils renonceraient alors à des prétentions inadmissibles et tout s'arrangerait. Les ouvertures de Bonaparte n'en étaient pas moins bien reçues : du moment qu'il entrait en pourparlers, il serait aisé de l'amener à un arran-