‹ L'église de Paris et la revolutionChapitre 53 sur 286 · M»' SPI5A ENVOYÉ A. PA.RIS · texte numérisé non relu

M»' SPI5A ENVOYÉ A. PA.RIS

quoi que ce fût. Ce n'est pas que Consalvi l'eût traité comme un simple courrier: en lisant ses instructions, on admire l'ampleur avec laquelle avaient été étudiés tous les points litigieux : on voit quelles concessions, échelonnées suivant une gradation ingénieuse, il était possible à Spina non pas de faire, mais d'indiquer comme faisables.

Parti de Verceil le ao octobre (a8 vendémiaire an IX), Spina parvint à Grenoble le 36 ; et le 5 novembre, il

était à Paris*. Il avait pour secrétaire le P. Caselli, ancien supérieur général de Tordre des Servites, qui avait la réputation d'être un habile théologien. A Lyon, les deux voyageurs avaient été avertis que l'habit ecx:lésiastique continuait à être sévèrement proscrit en France et ils avaient dû se munir de costumes séculiers.

On peut s'imaginer quelle devait être l'anxiété de Mgr Spina en entrant à Paris : on lui avait recommandé de Rome la plus grande prudence, car il serait entouré d'ennemis : c'est sans doute pour répondre à l'appel du Premier Consul qu'il venait travailler à la paix, mais ce Bonaparte qui avait pris plaisir à étonner le clergé de Milan par ses déclarations si respectueuses pour la religion catholique, n'était-ce pas le même qui, l'année d'avant, faisait le mahométan au Caire? Autour de lui, Sieyès, un prêtre défroqué, Fouché, un ancien oratorien, Talleyrand, un évêque apostat ! Et c'était pourtant avec ce singulier ministre des Rela-

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