M»' SPINA ENVOYÉ A PARIS
nommé membre de la commission de cardinaux et de prélats qui avaient à étudier les affaires de France.
Retardé par divers incidents, le départ du négociateur n'eut lieu que le 20 septembre 1800. C'était à Verceil qu'il croyait avoir k se rendre, mais en route, à Florence, Spina apprit qu'il était mandé à Paris : le Premier Consul désirait que la négociation se terminât en sa présence ^ .
Pour bien des causes, la Cour romaine eût préféré que les pourparlers se continuassent k Rome ; accréditer un ambassadeur à Paris près d'un gouvernement qui était en guerre avec la plus grande partie des puissances européennes, impliquait de la part du Pape la reconnaissance de ce gouvernement et Louis XVIII ne manquerait pas alors de se prévaloir de la lettre que Pie VII lui avait adressée de Venise pour lui notifier son avènement 2.
Les instructions nouvelles que le secrétaire d'État,, cardinal Consalvi, fit parvenir à Spina sont datées du ï3 octobre 1800 3. Elles lui enjoignaient d'éviter avec la plus grande attention tout ce qui pourrait donner à sa mission un caractère diplomatique. 11 ne devait se regarder et se présenter que comme un envoyé chargé d'entendre les propositions qui seraient faites et de les transmettre au Pape, sans avoir qualité pour résoudre
1. Ghislieri à Thugut, i" octobre (B. I, 83-85) ; Martiniana à Talleyrand, 9 octobre (B. I, 9^1-96) ; Martiniana au Premier Consul, 20 octobre {^. J, 97-98) ; Consalvi à Spina, i3 octobre (B. m, 629-630).