Ibid., p
11. Il avait été ordonné par Mgr Briand lui-même dans la chapelle intérieure du Séminaire de Québec en même temps que François Gaillard, Esprit Chenet et Jean-Baptiste Marchand, de Montréal, et Charles- Joseph Lefebvre-Duchouquet, de Québec. (Reg. D. E., ix mars 1786).
12. Joseph- Amable Plessy dit Belair, époux de Marie-Louise Ménard, ftlle de Jean-Louis Ménard, venu directement de France (ville de St- Omer, en Artois), et de Marthe-Marguerite French, native de Deerfield, Nouvelle-Angleterre. Jean-Pierre ^lénard (ou Mennard ou Maynàrd), arrivé en Canada en 1764, que Mgr Briand nomma à la cure de
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à sa consécration épiscopale, sa mère, qui n'avait plus que deux ans à vivre. M. Poujet, curé de Berthier, accompagnait aussi M^ï" Hubert.
Dès le commencement de son mandement, le Coadjuteur rappelait aux fidèles le but principal de la visite épiscopale:
« La visite étant un des principaux devoirs des évêques, et un des moyens les plus propres à conserver parmi les fidèles l'esprit de religion et de ferveur, à déraciner le vice, à faire cesser les abus, à rétablir partout l'ordre et la discipline, . . . nous nous disposons à commencer prochainement celle de ce diocèse ».
V ordre et la discipline: que de fois nous aurons occasion de constater que ce fut toujours un des objets principaux du zèle de M^'" Hubert ! Le Prélat fait voir ensuite la nécessité toute spéciale de la visite pour notre Eglise du Canada:
« Il est certain, dit-il, que la longue absence de vos premiers pasteurs a été cause que quantité de désordres se sont introduits dans le troupeau que vous composez. La foi, cette première et essentielle vertu des cbrétiens, s'est éteinte dans plus d'un cœur, la piété s'est refroidie, le crime a levé le masque, l'impiété et l'irréligion ont pris racine, et nous en voyous tous les jours les funestes fruits... Seronsnous assez heureux pour faire cesser ces maux? C'est néanmoins à quoi nous prétendons par la visite ou mission que nous allons vous faire. «
Visite ou mission', la visite épiscopale, dans nos paroisses canadiennes, a toujours eu le caractère d'une véritable mission; et M^"" Hubert, par ses prédications touchantes et par celles de M. Piessis qui l'accompagnait, ne dérogea pas
Chambly en 1777, comme nous l'avons vu chus un chapitre précédent, était le frère de Jean-Louis, et par conséquent le grand'oncle de Mgr Piessis. Par sa grand'mère, Mgr Piessis avait du sang anglo-américain dans les veines.
aux coutumes de ses prédécesseurs. Il exhorte les fidèles à bien profiter des grâces de la visite :
« Elle est une continuation de celle que Jésus-Christ a faite sur la terre, lorsqu'il y est venu pour nous racheter de la damnation éternelle... Si Jérusalem a été détruite de manière qu'il n'y est pas resté pierre sur pierre, c'est parce qu'elle n'a pas su profiter du temps de la visite du Seigneur ...»
M^r Hubert commença sa visite pastorale le 7 mai à la Longue- Pointe, mais n'y fut qu'une journée, cette paroisse qui n'avait alors que 320 communiants étant desservie par le curé de la Pointe-aux-Trembles, M. Joseph Racine. La Pointe-aux-Trerables comptait 440 communiants.
De la Pointeaux-Trembles, l'Evêqwe gagna la Rivièredes Prairies. Voici, du reste, à la suite, les différentes paroisses qu'il parcourut dans toute sa visite : la Rivièredes-Prairies, le Saut-au-Récollet, Saint-Laurent, Lachine, la Pointe-Claire, Sainte-Geneviève, Saint-François de Sales, Saint- Vincent de Paul, Saint-Eustache, Terrebonne, Mascouche, Lachenaie, Saint-Martin, Sainte-Rose, Montréal, Vaudreuil, le Lac des Deux-Montagnes, Soulanges, l'Ile Perrot, Chàtear.guay, Saint-Philippe, Blairfindie, La Prairie de la Madeleine, le Saut-Saint-Louis.
La Rivière-des-Prairies était desservie par M. Jean-Marie Fortin, curé du Saut-au-Récollet. De là, ce curé alla plus tard à Lotbiuière, à Sainte Croix, à Sainte- Foy, puis à l'Ile d'Orléans, où il mounit. Il y avait à cette époque des curés qui, dans leur vie cr.riale, faisaient le tour de la Province; d'autres qui, conane M. Bedard, de Siint-François du Sud, restaient toute leur vie au même poste.
M^ Hubert ne fut qu'une journée à la Rivière-des- Prairies, deux jours au Saiit-au Récolltt, tt trois jours à Saint- Laurent, desservi par un vénérable Sulpicien, M. Jean Bauzèle, qui y mourut deux ans plus tard. Cette
paroisse, déjà considérab]e, comptait 800 communiants, et donnait à son curé 600 minots de dîme.
La paroisse de Lachine n'avait encore que 300 communiants et était desservie par le missionnaire de Caughnawaga, M. Ducharme. Avant M. Ducharme, au contraire, c'est le curé de Lachine, le bon M. Gallet, prêtre natif de Paris, qui allait desservir les sauvages de Caughnawaga. M^"^ Briand lui écrivait un jour :
(f Je loue beaucoup le zèle qui vous porte à desservir le Saut-Saint-Louis ... Je songe à donner un prêtre à cette mission, et alors je prendrai les arrangements pour le bien loger. En attendant, continuez de faire comme vous pourrez. Surtout, appliquez-vous de toutes vos forces au salut de ces pauvres gens, qui, malgré leur libertinage, ne laissent pas d'être des enfants de Dieu ". »
MS' Hubert ne fut qu'une journée à Lachine. Il fut trois jours à la Pointe-Claire, desservie par M. Pierre Conefroy, et trois jours à Sainte-Geneviève, desservie par M. Besson de la Garde, de Saint-Sulpice. Il y avait 800 communiants à la Pointe-Claire, et 850 à Sainte-Geneviève. L'Evêque resta à Sainte-Geneviève du 22 au 24 mai.
Il est probable que de Sainte-Geneviève il vint se reposer au Séminaire de Montréal, car nous ne le trouvons que le 30 mai à Saint-François de Sales. Il y resta trois jours. Cette paroisse était desservie par M. Marchand, un des agrégés canadiens du Séminaire, et un des confrères d'ordination de M. Plessis. M. Marchand devint l'année suivante Principal ou directeur du Collège Saint-Raphaël à la place du fondateur, le vénérable M. Curatteau, qui n'avait plus que deux ans à vivre.
De Saint-François de Sales, M^ Hubert passa à Saint- Vincent de Paul, où il resta du 2 au 4 juin. Cette paroisse