Alors procureur du Séminaire de Québec
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avait eu une difficulté avec plusieurs habitants, au presbytère. Les habitants lui proposèrent d'en passer par la décision du grand vicaire ou de M^' l'Evêque, lorsqu'il serait possible de le voir. Il répondit qu'il ne reconnaissait l'autorité de l'Evêque, ni celle du grand vicaire, et qu'il porterait ses plaintes aux commandants Bostonnais, aux Trois-Rivières.
« Au Cap-de-la-Madeleine, D., père de Michel D., baillif, paraît avoir toujours tenu de mauvais discours contre le parti du gouvernement, jusqu'à vouloir insinuer que l'Evêque de Québec et le grand vicaire des Trois-Rivières avaient été payés pour prêcher en faveur du parti du Roi.
« A Saint-Nicolas, Denis F., au sortir de l'église, l'été dernier, après avoir entendu un discours que le Curé " leur fit au prône touchant l'obéissance envers le Prince, dit hautement devant tout le monde : « Que veut dire «notre curé? De quoi se mêle-t-il? Ne le voilà-t-il pas « devenu Anglais, lui aussi? »
Voilà autant d'incidents regrettables, analogues à celui de Saint-Michel, et juridiquement constatés par l'enquête des Commissaires. M^*" Briand était informé de ces faits et de beaucoup d'autres, qui dénotaient un bien mauvais esprit chez bon nombre de ses diocésains. Faut-il s'étonner qu'il se soit décidé à frapper de grands coups, et à employer, pour sauver son peuple, tous les moyens que sa puissance spirituelle mettait à sa disposition? Ecoutons-le prescrivant au curé Maisonbasse, de Saint-Thomas, la conduite qu'il doit tenir par rapport à ses paroissiens qui cherchent mille prétextes pour ne pas l'écouter, et se font même aisément, pour le besoin, casuistes ou théologiens: la lettre qu'il lui
II. C'était alors le P. Bonaventure Carpentier, ci-devant missionnaire à la Baie des Chaleurs.
écrit est du 25 octobre 1775: c'est une des plus intéressantes pages disciplinaires de l'histoire de notre Eglise :
0 ^Monsieur, mon autorité n'est pas plus respectée que la vôtre: on dit de moi, comme on dit de vous, que je suis y Anglais ; et ma décision ne fera pas plus d'impression que la vôtre sur ces pauvres esprits, dont l'aveuglement est digne de toute notre compassion et de nos larmes continuelles.
(( Je suis Anglais, en effet ; vous devez l'être ; ils le doivent être aussi, puisqu'ils en ont fait serment, et que toutes les lois naturelles, divines et humaines le leur commandent. Mais ni moi, ni vous, ni eux ne doivent être de la religion anglaise. Voilà, les pauvres gens, ce qu'ils n'entendent pas ; ils sont sous la domination anglaise, pour le civil ; ils sont, pour leurs âmes et leur salut, sous l'aimable loi de Jésus, de son Vicaire en terre, le Souverain Pontife, et des prêtres et des évêques répandus dans toute la terre pour conduire, nourrir par la prédication de l'évangile et par les sacrements, et défendre de l'erreur le troupeau de fidèles catholiques que Notre-Seigneur s'est formé par l'effusion de son sang. Voilà la religion que nous professons, et la religion de leurs pères, qu'ils ont conservée et leur ont transmise jusqu'à ce moment, mais que leurs enfants ne conserveront pas longtemps, si déjà ils ne l'ont pas perdue ; car je juge et je soutiendrai au dépens de ma vie qu'ils sont vraiment hérétiques, dans leur conduite, au moins, et qu'ils sont vraiment imbus de l'hérésie des Bostonnais presbytériens, qui nient la hiérarchie ecclésiastique. Réfléchissez sur cette proposition : Sacerdos non creatur^ sed nascitur ^^ : principe formellement hérétique, et contradictoire à celui de l'Evangile : Ecce ego niitto vos sicut misit vie vivens Pater... Eiintes docete omnes gentes... Qui crediderit^