Voir notre vol. précédent, p
22 I.EGI.ISE DU CANADA
chicanier et remuant du curé LaValinière, qui, nommé à la cure de Saint-Roch au commencement de 1777, n'eut rien de plus pressé que de soulever les gens de Saint-Roch contre cette annexion :
« Vous avez tort, Nos Très Chers Frères, leur écrit aussitôt l'Evêque, de nous écrire que vous n'avez été informés qu'à l'arrivée de M. de LaValinière de votre réunion à la paroisse de Saint- Jean. Le mensonge et la duplicité ne vous annoncent pas bien dans votre requête, et ne me préviennent aucunement en faveur de votre cause. Vous l'avez su dans le temps, et j'ai fait observer toutes les formalités nécessaires . . . Vous ferez mal de remuer, car c'est une affaire finie, faite avec réflexion, et dont je ne me départirai pas ^^ j).
L'annexion fut en effet maintenue. Nous aurons occasion de revenir sur ce M. de LaValinière, qui avait causé cet ennui à son évêque.
M"' Briand n'avait pas encore fait la visite de Saint- Thomas : il s'y rendit le 10 juillet. Mais avant de procéder à la visite pastorale proprement dite de la paroisse, il s'était imposé une rude tâche : consacrer la nouvelle église en pierre que les paroissiens venaient de construire après tant de discussions, de div^isions et d'atermoiements, au prix de tant de sacrifices : nouvel exemple de l'admirable condescendance de M^*" Briand pour ses diocésains, du moment qu'ils faisaient preuve d'un peu de bonne volonté. M. Maisonbasse l'avait supplié de donner ce plaisir et cette satisfaction à ses paroissiens de la Pointe-à-Lacaille, qui avaient vu avec chagrin la maison de Dieu s'éloigner de leur canton.
On sait quelle longue et laborieuse cérémonie est la Consécration ou Dédicace d'une église : elle ne dure pas moins
21. Archiv. de l'Ev. de Q., Rég. C. — Reg. III des lettres, p. 631, lettre de Mgr Briand à quelques habitants de Saint-Roch, 8 mars 1777-
de cinq à six heures : les prières occupent plus de cinquante pages du Pontifical Romain. L,e pieux Prélat arrivait d'un pénible voyage, accompli par des chaleurs accablantes : durant trois semaines il s'était dépensé outre mesure, suivant son habitude, au ministère de la prédication et du saint tribunal. Il était à bout de forces ; et cependant il n'hésite pas à remplir la rude tâche qu'il s'est imposée pour se rendre au désir de l'un de ses meilleurs curés.
I/'église de Saint-Thomas fut consacrée dans la matinée du II juillet, juste à la même date que M^^" de Laval avait autrefois consacré sa cathédrale. -'■ La cérémonie s'accomplit au milieu d'un immense concours de peuple accouru non seulement de la paroisse, mais de toutes les paroisses environnantes.
Cette église était la première église consacrée dans toute la côte sud. '^^ Klle a disparu pour faire place à l'église actuelle, laquelle n'est pas consacrée.
La visite de la paroisse, avec tout ce qu'elle comporte, prédication, confessions, confirmation des enfants, prières au cimetière, assemblée des marguilliers et reddition des comptes de la fabrique, eut lieu le lendemain de la consécration de l'église. Puis l'Evêque reprit le chemin de Québec et rentra dans sa ville épiscopale, d'où il ne devait plus sortir pour continuer la troisième visite de son diocèse. Elle resta indéfiniment interrompue. Des infirmités précoces, des circonstances incontrôlables empêchèrent M»'' Briand de la reprendre. Il donna sa démission. Son successeur, plus âgé que lui, ne put, lui non plus, continuer la visite du diocèse. L'Eglise du Canada fut quatorze