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animées qu'elles étaient du plus ardent patriotisme canadien, donnèrent leurs soins aux malades et aux blessés de l'armée américaine, « toutes gens, écrit l'annaliste, d'une grossièreté et d'une hardiesse détestable ^°. » Hâtons-nous de dire que, d'après le même témoignage, elles n'eurent qu'à se féliciter, en général, de la conduite des officiers à leur égard.
Une des plus grandes afflictions de nos hospitalières pendant ces longs mois que dura le siège, ce fut d'être privées de toute communication avec leur vénérable Evêque. Il fut toujours si bon pour toutes ses communautés, et en particulier pour son Hôpital-Général ! Cette maison avait été bien éprouvée lors du siège de 1759. Elle était restée avec des dettes si considérables, qu'elle avait été obligée, à son grand regret, de vendre sa seigneurie de Saint- Vallier. « Elle ne se soutient, écrivait un jour M^"^ Briand à M. de Lacorne, que par la vigilance du confrère Rigauville, leur travail forcé, et ce que je puis leur donner ^^ » Le plus grand bienfait, peut-être, qu'il fit à l'Hôpital-Général, ce fut de lui donner pour supérieur M. de Rigauville. Ah, quel homme admirable de dignité, de vertu et de dévouement ! Pendant les longs mois du siège, surtout, comme il s'efforça de remplacer auprès de nos hospitalières le vénérable Evêque de Québec !
Ce fut pour elles un beau jour lorsqu'elles apprirent la défaite des Américains à Près-de-ville et au Saut-au-matelot; un plus beau jour encore, lorsqu'on les vit, le six mai, s'éloigner définitivement de notre ville, qu'ils désespéraient de prendre. L'Angleterre nous envoyait des secours considérables, et les vaisseaux qui les apportaient mouillèrent devant Québec le 7 mai. Carîeton poursuivit les ennemis