‹ L'église du Canada après la conquête (volume 3)Chapitre 49 sur 209 · Mgr de Saiiil-J'allicr et l'Hôp-Xicucral, p · texte numérisé non relu

Mgr de Saiiil-J'allicr et l'Hôp-Xicucral, p

31. Archiv. de \'\i\. de Q., Rég. III des lettres, p. ~,2>7, lettre du 6 juin

une assez longue distance, puis rentra dans la ville, où il s'occupa immédiatement des pauvres malades et des blessés qu'ils avaient abandonnés, et dont quelques-uns même par frayeur s'étaient enfuis dans les bois. Il les fit rechercher et les rassembla, puis les envoya à l'Hôpital-Général et à l'Hôtel-Dieu, priant les religieuses d'en avoir soin comme des nôtres jusqu'à leur guérison ^^

Pendant ce temps, M^ Briand adressait aux citoyens de Québec un mandement, qui fut lu à la cathédrale le dimanche 12 mai. Il ordonnait un Te Deum d'actions de grâces, qui fut chanté le soir même après vêpres :

« La juste crainte d'exposer des vies qui nous sont si chères, écrivait le Prélat, nous a porté à interrompre depuis longtemps les offices solennels : nous les reprenons aujourd'hui avec la plus grande allégresse. Les ennemis ne sont plus à nos portes, un instant les en a éloignés, le fracas de leur artillerie ne peut plus troubler votre dévotion. Ce bienfait signalé n'exige-t-il pas de notre part les actions de grâces les plus sincères et les plus solennelles envers notre Dieu, que vous avez si souvent reconnu pour être le premier auteur de nos succès. »

Le Prélat rendait ensuite hommage au Gouverneur, « dont la sagesse, disait-il, la prudence, l'activité et l'intrépidité ont confondu n nos ennemis. Il rendait aussi hommage à la valeur des officiers, de leurs soldats et de « tous nos braves citoyens. >) Puis faisant allusion à tant de ses diocésains égarés : (f P'asse le Ciel disait-il, que la délivrance de Québec, ce bienfait signalé de la Providence, puisse dessiller les yeux de nos frères que l'esprit d'erreur et de mensonge a aveuglés ! Que le succès dont Dieu a couronné votre zèle et votre religion puisse les faire rentrer dans les sentiers de la vérité, les rendre dociles à la

2,2. Mgr de Saint-V allier et l' H ô p. -Général, p. 413.

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voix de leurs pasteurs, et plus soumis aux puissances que Dieu a établies pour les gouverner " ! »

Un de nos hommes publics les plus distingués parlant un jour de la délivrance de Québec en 1775, disait : «C'est la destinée de la province qui a été fixée, peut-être à jamais, sous les murs de Québec durant cette nuit du 30 au 31 décembre 1775. C'est l'avenir politique des Canadiens qui s'est dessiné aux yeux de l'histoire. La question était nettement posée : rester colons ou devenir frères des révoltés américains. Québec tombant au pouvoir de Montgomery, c'était la dernière colonie anglaise du continent américain qui échappait à la métropole. Québec sauvé, c'était le Canada échappant à la grande ligue d'Indépendance et restant sous le sceptre de Georges III ^*. »

Carleton assistait-il au Te Deum qui fut chanté le soir du 12 mai à la cathédrale pour la délivrance de Québec? Nous n'avons rien trouvé qui l'indique. On sait que ce bon gouverneur, tout protestant qu'il était, se montra toujours si bien disposé envers les Canadiens, que ses ennemis l'appelaient <( ce diable de Catholique romain ^^ » Il n'assistait probablement que de cœur au Te Deum de M^*' Briand ; mais il avait donné des ordres pour que la cérémonie eût un cachet tout particulier de solennité militaire :

« Pendant le Te Deum chanté à la cathédrale, écrit l'annaliste de l'Hôpital-Général, toute la milice catholique se tint sous les armes. Trois coups de canon l'annoncèrent, et trois coups de fusil le terminèrent ^^. »

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