‹ L'église du Canada après la conquête (volume 3)Chapitre 88 sur 209 · Documents Constitutionnels, p · texte numérisé non relu

Documents Constitutionnels, p

leur charge, ordonner l'élection d'autres marguilliers pour les remplacer. Personne, alors, n'ose trouver à redire à ces actes d'autorité ; du moins, rien dans les documents ne l'indique. Et pourquoi ? C'est que le Prélat, qui d'ailleurs n'était pas homme à abuser de sou pouvoir, se savait et se sentait appuyé par le Gouverneur, et que celui-ci ne faisait, en le soutenant et en l'appuyant, qu'exécuter les Instructions si précises qu'il avait reçues du Roi :

« Vous ne devez permettre à qui que ce soit dont la mauvaise réputation et la mauvaise conduite peuvent causer du scandale, d'occuper un poste de confiance ou d'exercer une charge. »

La chose était si bien connue, que souvent les gens qui se sentaient coupables, indignes d'occuper la place où ils étaient, n'attendaient pas qu'on les en délogeât, mais se retiraient d'eux-mêmes. C'est ce qui arriva un jour dans une paroisse où un marguillier quitta de lui-même le Banc d'œuvre. Le Curé en ayant averti l'Evêque :

« J'approuve fort la retraite de votre troisième marguillier, lui répond M^'' Briand. Le Banc d'œuvre est une place trop honorable pour un homme qui ne fait point de pâques '^^ . . »

25. Archiv. de l'Ev. de Q., Rég. III des lettres, lettre de Mgr Briand M. '/crreau, curé de Saint-Roch des Anlnaies, 20 déc. 1783.

Page 1