‹ L'église du Canada après la conquêteChapitre 117 sur 220 · Reg. du Chapitre, assemblée du 30 sept · texte numérisé non relu

Reg. du Chapitre, assemblée du 30 sept

nourriture, celle de mon secrétaire et de mon domestique 3. "

A la demande du Chapitre, il y fit quelques ordinations dès le 6 juillet : son secrétaire, Jean-François Hubert, fut ordonné sous-diacre ce jour-là, diacre le dimanche suivant, et prêtre le 20 juillet. A partir de cette date jusqu'au 19 septembre de l'année suivante, M61- Briand ordonna huit autres prêtres, dont trois jésuites, le P. Casot, le P. Noël et le P. Maquet, et deux futurs évêques : Pierre Deneau, le dixième évêque de Québec, et Charles-François Bailly de Messein, qui mourut n'étant encore que coadjuteur de Msr Hubert.

Tous ces prêtres, à part les trois jésuites, étaient Canadiens. Le Séminaire de Montréal et celui de Québec avaient fait l'impossible, dans les temps mauvais que le pays venait de traverser, pour conserver à l'Eglise du Canada et lui former quelques bons ouvriers. Dès le 31 octobre 1760 M. Montgolfier écrivait à M. Briand :

" Pour conserver au diocèse le peu de sujets étudiants qui ont encore quelque peu de bonne volonté, j'ai pris le parti, quoique faible en moyens, de continuer dans notre maison une école de latin pour toutes les différentes classes, et outre cela deux conférences, l'une de philosophie, dans laquelle il y aura quatre écoliers, et l'autre de théologie, où il y en aura cinq. Si M. Gravé reste ici, il fera cette dernière ; sinon, j'y pourvoierai d'ailleurs. "

Puis M. Montgolfier ajoutait :

" Mon dessein serait, pour attacher davantage à l'état, et retenir un peu mieux dans la modestie les philosophes et théologiens, de leur faire prendre la soutane, au lieu du capot bleu. Avant que je me déclare, ayez la bonté de m'envoyer votre avis à ce sujet. "

3. Archiv. de l'Ev. de Q., Reg. IV. des lettres, p. 537, lettre du 6 juin 1774.

M. Briand ne fit aucune difficulté d'approuver le projet de M. Montgolfier. Encore aujourd'hui, les étudiants en philosophie portent la soutane, au collège de Montréal. Nous ne croyons pas, cependant, que la chose ait jamais été introduite à Québec.

M. Gravé redescendit à Québec, et avec lui les étudiants de cette ville. Le grand Séminaire se rouvrit; et dès le 22 octobre 1762, M. Briand écrivait à M. Montgolfier:

" Il y a au Séminaire trois ecclésiastiques et trois jeunes théologiens. Le fils de feu M. Dumont fera le septième. On est en règlement, du 2 de ce mois. MM. Boiret et Gravé paraissent se donner à cette œuvre avec bien de l'ardeur. Ce sont deux bons prêtres fervents, et qui aiment le bien. M. Jacrau est procureur. "

A ces trois prêtres il faut ajouter M. Pressait, qui venait d'être remplacé comme supérieur par M. Boiret, M. Récher, curé de Québec, et le jeune Hubert qui, n'étant encore qu'ecclésiastique, avait été agrégé en 1765: M. Briand avait consenti à son agrégation dès l'année précédente, avant de partir pour Londres, et, comme nous l'avons vu, l'ordonna prêtre à son retour.

Le Séminaire s'étant chargé en 1764 de remplacer les Jésuites, à Québec, pour l'instruction de la jeunesse, c'est M. Hubert qui fut le premier directeur des écoliers du " petit collège ", comme M. Briand appelait son petit séminaire. Les classes s'ouvrirent le 2 octobre 1765. Voici ce que l'Evêque écrivait un jour à ce sujet au gouverneur Carleton:

" Après en avoir communiqué avec Son Excellence M. Murray, votre illustre prédécesseur dans le gouvernement de la colonie, le Séminaire, à ma prière, et plus encore pour les motifs de religion et les avantages de la société, se chargea du Collège en 1764; vous l'avez approuvé, autorisé, encour ragé par les prix mêmes que vous avez voulu donner aux écoliers pour entretenir et augmenter leur émulation. "

Le but de M51- Briand en écrivant ainsi à Carleton était d'obtenir qu'une partie au moins des Biens des Jésuites, dont le gouvernement anglais voulait s'emparer, fût attribuée au Séminaire de Québec, puisque celui-ci continuait l'œuvre des Jésuites pour l'éducation de la jeunesse : aussi ajoutait-il :

" Les revenus du Séminaire, qui ne sont que de dix sept à dix huit mille francs, sur lesquels il faut qu'ils entretiennent les élèves que l'on forme à l'état ecclésiastique (ce qui était leur ancien emploi), ne sont pas suffisants pour soutenir les dépenses d'un Collège, d'autant plus qu'ils sont encore chargés de nourrir et d'entretenir l'Evêque, qui n'a aucun revenu, comme vous le savez, parce que la France, dont il recevait dix mille francs, les lui a retranchés. N'était-il donc pas naturel qu'on attribuât au Séminaire, maintenant chargé du Collège, des Biens qui appartenaient au Collège tenu par les Pères Jésuites, dès que l'on ne veut plus qu'ils subsistent 4? "

Mais ce n'est pas ici le lieu de parler de l'œuvre du Séminaire de Québec, non plus que des Biens des Jésuites : nous y reviendrons.

Le premier soin de M^ Briand, en arrivant dans son diocèse, avait été de renouveler à ses prêtres tous les pouvoirs dont ils avaient joui jusque-là. Puis, après avoir pris possession de sa pro-cathédrale, il nomme ses grands vicaires, en commençant par le district de Montréal. Les lettres de M. Montgolfier sont du 23 juillet 1766; celles de M. Marchand, du 24 juillet. Le 27, il nomme grand vicaire M. Saint-Onge, des Trois-Rivières. La veille, il avait nommé grand vicaire, spécialement pour le district de Québec, M. Perreault, qui en remplit les fonctions jusqu'à sa mort, arrivée le 27 fé-

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