Lettre de M. Marchand à Mgr Briand, 26 fév
APRÈS LA CONQUÊTE 28l
tations, comme j'ai refusé d'écouter celles des sauvages de Michillimakinac et de leur laisser le P. du Jaunay, parce qu'ils ne voulaient pas profiter de ses enseignements. Egalement, après avoir promis à ceux de Bécancour et de Saint- François un missionnaire, je l'ai refusé, dès qu'on m'a averti que l'ivrognerie, les meurtres et tous les autres crimes enfants de l'ivrognerie régnaient dans leurs villages 7. "
Puis, lorsqu'il quitta Caughnawaga pour se rendre à la paroisse voisine, il adressa de nouveau la parole, de l'embarcation où il était monté, à ses chers sauvages, qu'il aimait tant malgré tout : spectacle touchant, qui rappelait celui de Msr de Laval faisant ses adieux aux Sauvages de Tadoussac, et à ceux de la Prairie de la Madeleine, à bord du canot qui le transportait dans ses visites pastorales 8.
Les paroles de Mgr Briand restèrent gravées dans l'esprit des Sauvages ; et le P. Huguet lui ayant écrit pour lui donner de plus consolantes nouvelles que l'année précédente :
" Dites-leur bien de ma part de persévérer, lui répond le Prélat. Rappelez-leur les promesses que me firent les anciens et les jeunes gens, lorsque je leur parlai sur le bord du rivage 9. . . "
Lorsque Mgr Briand quitta pour la troisième fois Montréal, le 29 juin, voici, dans l'ordre qu'il les visita, les paroisses qu'il avait encore à parcourir pour terminer la première visite de son diocèse : la Longue- Pointe, Pointe-aux- Trembles, Repentigny, Saint-Sulpice, La Valtrie, Lanoraie, Berthier, Chicot et Maskinongé, Rivière-du-Loup, Machiche, Pointe-du-Lac.
A la Longue-Pointe, quel plaisir n'eut-il pas à la vue du Collège naissant de M. Curatteau: maison à deux étages,
7. Archiv. de l'Ev. de Q., Reg. III des lettres, p. 337, mand. de Mgr Briand aux Iroquois du Saut-Saint-Louis, 14 août 1767.