‹ L'église du Canada après la conquêteChapitre 179 sur 220 · Lettre de Mgr Briand à Gibault, 26 avril · texte numérisé non relu

Lettre de Mgr Briand à Gibault, 26 avril

" C'est un jeune prêtre, écrivait-il au P. Meurin, et je vous prie de veiller, et de m'instruire selon Dieu s'il mérite ou non ma confiance. Je serais bien affligé s'il venait à se détraquer. Il m'a fait de bonnes et belles promesses, et je l'aime. Mais je ne suis point sans inquiétude 18. "

Et à Gibault lui-même, que de bons conseils ne donne-t-il pas avant son départ! Il les lui renouvelle la première fois qu'il lui écrit, et plusieurs fois encore. En se rendant aux Illinois, Gibault s'est arrêté à Détroit, voir le P. Potier ; puis il a donné une mission aux sauvages et aux Canadiens de Michillimakinac:

" Je suis charmé, lui écrit Mrg Briand, du compte que vous me rendez de votre conduite à l'égard du service de la religion. Je ne demande pas de vous des discours étudiés, mais de bons catéchismes. Faites connaître la religion : la connaissance en suffit pour y attacher les hommes qui suivent les lumières de la raison. Voilà, mon cher Gibault, tout ce que je puis vous mander de si loin. . Vous êtes à portée plus que moi de savoir ce qui convient. Si vous n'êtes point précipité dans vos jugements, si vous aimez Notre-Seigneur et son Eglise, si vous êtes exact, avant d'agir, à consulter Dieu, vous ferez du bien et ne vous tromperez jamais. Je dis : jamais, parce que jamais Dieu ne manque à ceux qui, dans l'embarras, ont recours à lui avec simplicité de cœur et avec confiance. "

Puis il ajoutait :

" Ne négligez pas les affaires des Tamarois : elles ont rapport à l'avantage de la religion. D'ailleurs vous savez que votre parole y est engagée envers les messieurs du Séminaire, ou plutôt envers l'Eglise elle-même, puisque cette affaire la regarde plus qu'eux-mêmes. Cet endroit pourra, dans la suite, être comme le centre de la religion et la résidence d'un grand vicaire pour tous ces vastes pays. . . "

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