‹ L'église du Canada après la conquêteChapitre 180 sur 220 · Lettre du même au P. Meurin, même date · texte numérisé non relu

Lettre du même au P. Meurin, même date

332 i/ ÉGLISE DU CANADA

D'après le P. Meurin, les Anglais voulaient s'emparer " au nom du Roi, de la maison, terre, etc, de la mission des Tamarois. J'y fais demeurer habituellement, disait-il à Msr Briand, le frère de M. Mercier, très digne missionnaire, mort grand vicaire de vos prédécesseurs. C'est lui qui prend soin de l'église, en mon absence ". . . Et il ajoutait que Gibault, destiné d'abord pour cette mission, n'avait pas voulu y rester, dans la crainte de se faire des misères avec les Anglais, à cause de ces biens. Il était allé résider à Kaskaskia, à vingt-cinq lieues de là 19 : ce qui était peu délicat de sa part, le P. Meurin y étant déjà.

Du reste, le P. Meurin faisait de grands éloges de Gibault :

" Il est plein de zèle, disait-il, et par là même il ne durera pas longtemps, s'il est seul, souvent en voyages pénibles à travers bois et montagnes, exposé aux injures du temps, à moins qu'il ne plaise à notre Dieu de renouveler ses anciens prodiges. . . "

" Il est encore jeune, écrivait-il encore, mais il n'oublie pas les belles et bonnes promesses qu'il vous a faites, et il y fait honneur. Il se montre tous les jours de plus en plus digne de votre choix. . . Je m'estimerais heureux si, à mon âge, j'avais ses vertus et ses mérites. . .

" Il a passé l'hiver dernier près de deux mois au poste Vincennes. Ce pauvre peuple n'avait pas vu de prêtres depuis six ans : aussi y a-t-il fait un grand bien. Dieu veuille qu'il soit durable, et que Votre Grandeur puisse leur envoyer bientôt un missionnaire résidant! car de ce côté-ci il est difficile et souvent impossible d'y porter secours, moins à cause de la longueur des voyages, qu'à cause des sauvages ennemis qui infestent les chemins 20. . . "

19. Lettre du P. Meurin à Mgr Briand, mission des Tamarois ou Caokias, 14 juin 1769.

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