Hist. mss. du Sém. de Q., chap
jour nous vous permettons uniquement de célébrer la sainte messe jusqu'à ce que vous soyez arrivé à Québec, vous défendant néanmoins d'administrer aucun autre sacrement, même le baptême, sinon comme les laïques 33. . . "
Gibault s'empressa de venir à Québec, se jeta de nouveau aux pieds de son évêqûe, qu'il voyait pour la dernière fois, et se releva pardonné; puis il repartit à son grand regret pour ses missions : il était trop compromis, aux yeux des Anglais, par ses accointances avec les adeptes de l'Indépendance américaine, pour qu'il lui fût possible de rester en Canada, surtout sous le régime Haldimand.
Nous avons de lui quelques lettres qu'il écrivit à M51- Briand et à ses successeurs M^ Desglis et Mgr Hubert. Elles sont d'un homme assagi, repentant et humilié, mais accablé et presque défaillant sous le poids des souvenirs du passé. Ce qu'il y a de beau en lui, c'est l'attachement qu'il garde toujours pour son pays natal, le désir et l'espoir d'y revenir. On voit qu'il ne se sent pas à l'aise dans le milieu où il vit là-bas, où il n'y a pas de discipline, où l'on ne respire qu'un air malsain. Il écrit un jour à Mgr Briand :
" Je suis toujours le même pour le salut des peuples, excepté que l'âge et les fatigues ne me permettent plus de faire ce que je désirerais, comme autrefois. . . J'espère de votre charité paternelle que vous ne me laisserez pas sans consolation. J'en ai plus besoin que jamais, quoique j'aie pris pour principe de faire tout ce que je fais comme je le ferais en présence de mon évêque, et que par conséquent vous êtes toujours présent à mes yeux et à mon esprit. Il me serait bien doux de recevoir vos instructions 34. . . "
Sur les entrefaites, les treize Provinces-Unies de la Nou-