Il était fils d'un pauvre tonnelier de Québec
" Touché, leur disait-il, de la détresse où vous réduisait la grave maladie de votre digne curé, pour les secours spirituels, nous avions appelé (de Québec) M. Demeulle, dont les mœurs, la science déjà acquise, le bon esprit et l'application à l'étude nous faisaient concevoir de grandes espérances, afin de vous le donner pour vicaire de M. Morand, jusqu'à ce que la santé de celui-ci fût rétablie, ce que l'on nous faisait espérer. Dieu en a ordonné autrement. Vous venez de le perdre, et j'en suis touché aux larmes 7. . . "
M. Morand mourut le jour même que fut ordonné M. Demeulle, le 4 avril, et celui-ci le remplaça jusqu'à l'automne. Il fut alors nommé curé de Belœil, et François Féré-Duburon, un autre très digne prêtre, dont nous aurons occasion de parler plus tard, devint curé de Varennes.
De Belœil, où il était arrivé le soir du 28 juillet, Msr Briand partit le lendemain vers neuf heures pour arriver à midi à Saint-Olivier, suivant le programme de sa visite. Le 30, il était à Chambly, le 31 à Laprairie, le 1er août à Saint-Régis, le 2 à Saint-Constant, le 3 au Saut-Saint-Louis, le 4 à Chateauguay et le 5 à Soulanges, allant le soir à Ouinchien.
C'est à Saint-François-Régis que demeurait Joseph Biron, époux de Geneviève de Beaujeu de Villemonde, que M. Pressart avait mariés à Québec le 7 novembre de l'année précédente (1771). M. Pressart était bien aise de les revoir. Les procédures qui avaient précédé leur mariage méritent d'être notées. Geneviève de Beaujeu se mariait " contre la volonté de ses parents 8 ", qui demeuraient à l'Ile-aux-Grues. Elle avait donc dû s'adresser d'abord au gouverneur Cramahé " pour obtenir son consentement " à la place de celui de ses parents. Outre sa signature, sa supplique portait celles de
7. Archiv. de l'Ev. de Q.. Reg. IV des lettres, p. 30g, Instruction pastorale aux Habit, de Varennes, 4 avril 1773.
8. Louis L'énard de Beaujeu de Villemonde et Geneviève LeMoine de Longueil.
376 h' ÉGLISE DU CANADA
" Longueil, Lanaudière, Agathe Longueil. Lanaudière veuve Gauthier ". Cramahé acquiesça de suite à la demande de mademoiselle de Beaujeu :
" Autorisons par ces présentes M^ l'Evêque de Québec, par lui, ou tel curé qu'il voudra nommer à cet effet, de célébrer le mariage de demoiselle Geneviève de Beaujeu avec Joseph Biron, selon les cérémonies et usages ordinaires de leur Eglise. Donné sous notre seing et sceau privé au Château Saint-Louis, à Québec, le 7 novembre 1771. "
La supplique ayant été ensuite présentée à l'Evêque, avec cet écrit de Cramahé, le Prélat accorda, le même jour, toutes les permissions voulues : et d'abord, celle de se marier " sans le consentement de ses père et mère, éloignés de Québec d'environ dix lieues " ; puis " dispense de trois bans, sur ce que les parties m'ont représenté que la saison était avancée, et qu'ils ont plus de quatre vingts lieues à faire pour parvenir à Saint-François-Régis, dans le lac Saint-François, lieu de leur domicile ; le moindre retardement les empêcherait de s'y rendre et leur serait extrêmement préjudiciable 9 ". . .
C'est le même jour, également, 7 novembre 1771, que M. Pressart célébra à Québec ce mariage.
Agathe LeMoine de Longueil 10, qui avait signé la supplique de sa cousine Geneviève de Beaujeu, se maria ellemême deux mois plus tard avec Louis Jarret de Verchères, " ancien officier de Sa Majesté Très-Chrétienne " ; et c'est Mgr Briand qui célébra ce mariage. C'est le seul que nous ayons trouvé, célébré par lui. Il avait pour assistants M. Pressart et Jean-François Hubert, le futur évêque de Québec ; et voici les noms et les titres de ceux qui signèrent l'acte de ce mariage : " Charles-François Tarieu de Lanaudière,