‹ L'église du Canada après la conquêteChapitre 211 sur 220 · M and. des Ev. de Q., t. II, p · texte numérisé non relu

M and. des Ev. de Q., t. II, p

Contrecœur, Varennes, Lachenaie, Mascouche, Terrebonne, la Rivière-du-Chène ; la deuxième fois, du 2 au 8 mai, la Longue-Pointe, la Pointe-aux-Trembles, la Rivière des Prairies, Saint-François de Sales, Saint-Vincent, le Sautau-Récollet, Saint-Laurent.

Quatre de ces paroisses étaient desservies par les Sulpiciens: Saint-Laurent, par M. Beauzèle; le Saut-au-Récollet, par M. Perthuis; la Pointe-aux-Trembles, par M. Robert, et la Longue- Pointe par M. Curatteau, qui n'alla au Château Vaudreuil que quelques mois plus tard. Mascouche avait pour curé le Père Well, jésuite; Longueil, le Père récollet Claude Carpentier, et la Rivière-du-Chêne (Saint-Eustache), le Père Bérey. Les autres paroisses étaient desservies par des prêtres séculiers.

Entre tous les curés qui desservaient les paroisses à partir de Repentigny jusqu'aux Trois-Rivières, nous ne rencontrons que deux Sulpiciens ; ils méritent une mention spéciale : Huet de la Valinière, alors curé de Saint-Sulpice, pour les excentricités de sa carrière sacerdotale, qui faisaient le désespoir de ses supérieurs, et dont nous aurons à parler dans un autre volume; M. Degeay, curé de Saint-Pierre du Portage de l'Assomption, pour ses grands mérites et les œuvres admirables de son ministère. M. Degeay, qui avait du bien de famille, le dépensait sans compter pour encourager et soulager ses paroissiens; il fonda, à ses frais, la paroisse de Saint-Jacques, dans les profondeurs de l'Assomption, pour y établir cette colonie d'Acadiens dont nous avons déjà parlé. C'est probablement pour visiter cette nouvelle paroisse et cette nouvelle colonie que nous voyons Msr Briand consacrer deux jours à l'Assomption. Malheureusement, la carrière de M. Degeay fut relativement courte : arrivé au pays en 1742, il mourut en 1774 à l'âge de 57 ans. C'est assurément l'un des curés les plus méritants que rencontra M51" Briand dans toute sa visite pastorale. M. Degeay appartenait au diocèse de Lyon.

L'Evêque ne fit que passer à Lanoraie, l'ancienne paroisse •du chanoine Gaillard, desservie maintenant par le curé de Berthier, M. Papin. Maskinongé et la Rivière-du-Loup étaient desservies par les Pères Récollets ; la ville des T rois- Rivières, également ; mais elle allait avoir bientôt pour curé un prêtre séculier.

Nous avons vu, en effet, le peu de satisfaction qu'avait donné à l'Evêque le Père Couturier, par son indocilité. Celui qui le remplaçait lui en donnait encore moins, pour d'autres raisons, peu édifiantes pour les habitants de sa ville natale. M81- Briand en était désolé : il n'attendit pas la visite pour lui donner de bons avis; il lui écrivit de Montréal, et terminait ainsi sa lettre :

" Vous trouvez des pénitents qui se confessent de boire de l'eau entre les repas: ô l'aimable simplicité! Comment ne l'admirez-vous pas? Comment ne vous faites-vous pas des reproches, en pensant à vous, qui êtes religieux, et religieux de saint François, dont toute la vie, malgré son innocence, n'a été que pénitence, jeûne et mortification 3? . . . "

La mortification était d'autant plus nécessaire à ce bon religieux, qu'il était de sa nature " vif, prompt et insultant " : il n'avait plus de grand'messes dans son église paroissiale, n'ayant plus de chantres, parce qu'il ne cessait de les maltraiter en paroles:

" Il a toujours été accusé de promptitude, et de hauteur, écrit l'Evêque à son grand vicaire Saint-Onge. Il ne fait de différence des bourgeois d'une ville et des habitants des campagnes. Il ne considérait guère plus autrefois les officiers : ce qui n'est pas l'esprit de Notre-Seigneur.

" Mettez donc la paix, mon cher grand vicaire, ajoutait le Prélat. Les sots, pas plus que les sages, ne se prennent par les injures, les duretés, ni les hauteurs 4. "

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